La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a annoncé, mercredi 14 juin, que la Commission européenne avait adressé une communication des griefs à la multinationale technologique américaine Google. La Commission estime, à titre préliminaire, que Google aurait enfreint les règles européennes de concurrence, plus particulièrement l'article 102 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, qui interdit l’abus de position dominante.
La Commission estime en effet, à titre préliminaire, que Google pourrait avoir abusé de sa position dominante dans le secteur des technologies de publicité en ligne dans l'Espace économique européen afin de favoriser ses propres services de technologie d'affichage publicitaire en ligne au détriment de ses concurrents.
Google pourrait avoir abusé de sa position dominante, d'une part, dans les marchés des serveurs publicitaires des éditeurs, avec son service 'DoubleClick For Publishers' (DFP) et, d'autre part, pour les outils d'achat programmatique d'annonces pour le web ouvert, avec ses services 'Google Ads' et 'DV360'.
Plus concrètement, la Commission estime, à titre préliminaire, que l’entreprise a abusé de sa position dominante en favorisant sa propre bourse d'annonces AdX dans les enchères gérées par son service DFP ou en informant à l'avance AdX de la valeur de la meilleure offre concurrente.
Par ailleurs, la Commission a conclu, toujours à titre préliminaire, que Google aurait favorisé sa bourse d'annonces AdX, par exemple, en plaçant, avec ses outils d'achat d'annonces 'Google Ads' et 'DV360', les offres d'AdX sur les bourses d'annonces de manière plus visible ou attractive.
Margrethe Vestager a déclaré que Google avait modifié son comportement afin de le rendre plus difficile à détecter, chaque fois que de telles pratiques avaient été détectées.
Si ces pratiques anticoncurrentielles sont confirmées, la Commission estime qu’une mesure corrective exigeant de Google qu'elle modifie simplement son comportement ne mettrait pas un terme aux distorsions de concurrence. Pour la Commission, les conflits d’intérêts sont inhérents à la position de Google : la multinationale est non seulement présente du côté achat et du côté vente du marché des technologies de publicité en ligne et occupe une position dominante des deux côtés du marché, mais elle exploite également la plus grande bourse d'annonces.
En conséquence, Mme Vestager estime que, si à l'issue de son enquête, la Commission confirme que Google a agi de manière illégale, elle pourrait exiger de la multinationale qu'elle cède une partie de ses services.
Lien vers le cas : https://aeur.eu/f/7hk (Émilie Vanderhulst)