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Bulletin Quotidien Europe N° 13195
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

'Pacte Asile et migration', les États membres vont tenter de dégager la voie pour un accord lors de la réunion des ministres des Affaires intérieures de l'UE le 8 juin

Les États membres se pencheront à nouveau, mercredi 7 juin, sur les projets de mandats sur les règlements relatifs à la gestion de l’asile et de la migration (AMMR) et aux procédures d’asile (APR) et tenteront de dégager la voie pour un accord des ministres de l’Intérieur de l’UE.

La Présidence suédoise du Conseil de l’UE devait formuler de nouveaux textes de compromis dans la journée du 6 juin et les discussions du 7 juin devraient notamment porter encore sur les engagements chiffrés annuels en termes de relocalisations de demandeurs d’asile et de capacité pour réaliser les procédures à la frontière (entre centres physiques et personnel).

La question d’établir un plafond annuel pour la réalisation des procédures à la frontière, poussé par les pays du Sud de l’UE dits 'de première ligne' et au-delà duquel ces pays ne seraient plus obligés de mettre en œuvre ces procédures, fait aussi partie des points ouverts.

La discussion des États membres, lundi soir, n’a en tout cas pas encore permis de déterminer si les deux mandats pourront être adoptés ce jeudi par les ministres. « Le ton n’était pas forcément très engageant » sur ces deux textes, a rapporté une source, notant un nombre quand même toujours assez important de points à régler.

Mais cela pourrait aussi vouloir dire que les États membres cherchent à régler tous les détails dans l’optique de trouver un accord.

Selon une autre source, « 4 à 5 États membres » ont indiqué lundi soir leur disponibilité à adopter les textes sur la table, mais l’inconnue réside dans la décision que prendront certains grands pays comme la France, l’Allemagne, et surtout l’Italie. « Le succès n’est pas du tout certain », avertissait cette source diplomatique mardi 6 juin.

Plusieurs pays, comme les Pays-Bas, la France ou l’Allemagne, n’aimeraient pas cette notion de plafond annuel et souhaiteraient qu’un pays ne puisse pas unilatéralement décider qu'il est atteint. D’autres pays, comme l’Espagne, sont très attachés à la situation des mineurs non accompagnés et au fait qu’ils ne devront pas se retrouver couverts par la procédure à la frontière.

D’autres encore, comme l’Allemagne et le Luxembourg, veulent maintenir l’exclusion des familles avec enfants de moins de 12 ans de la procédure à la frontière, mais ces pays ne devraient pas avoir gain de cause.

C’est néanmoins sur l’équilibre plus général entre la solidarité et la responsabilité que devrait se jouer l’accord.

Pour rappel, ces deux projets permettraient aux pays 'de première ligne' de recevoir obligatoirement de l’aide, en situation de pression migratoire, sous forme de relocalisations de demandeurs d'asile, d’aide financière ou toute autre forme d’aide correspondant aux moyens des pays membres.

La Pologne et la Hongrie ont déjà dit qu’ils s’opposeraient aux textes. La Pologne a notamment déjà expliqué qu’elle s’oppose au montant à payer de 22 000 euros par migrant, proposé par la Présidence suédoise pour les pays préférant contribuer de manière financière à la solidarité. (Solenn Paulic)

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