login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13175
Sommaire Publication complète Par article 20 / 36
SOCIAL / Social/emploi

Emplois liés au numérique et à la transition énergétique, les ministres européens s'attaquent au casse-tête de la pénurie de main-d'œuvre

Les ministres et représentants de ministres de l’Emploi et des Affaires sociales de l’UE se sont réunis, jeudi 4 mai à Stokholm, pour une réunion informelle consacrée à la façon de mieux faire coïncider les besoins en emplois et les compétences disponibles ainsi que sur la façon d’adapter la protection sociale aux changements démographiques et notamment aux personnes appelées à rester plus longtemps sur le marché du travail.

Selon le commissaire européen Nicolas Schmit, la réunion a été l’occasion pour les États membres, sur le premier volet, d’exprimer leurs inquiétudes quant aux pénuries de main-d’œuvre dans l’UE, même dans des pays où les taux de chômage sont plus élevés que la moyenne européenne actuelle à 6%.

« Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est nécessaire d’investir dans les qualifications », a résumé le commissaire, rappelant que ce sera l’objectif de l’Année européenne des compétences, qui démarrera la semaine prochaine et aura pour but d’envoyer un message fort aux États membres. 

Nicolas Schmit a aussi indiqué que, si 26% des entreprises européennes sont à la recherche de main-d’œuvre, seuls 37% des adultes ont accès à une formation tout au long de la vie, ce qui est « très bas » et loin des objectifs fixés à Porto en 2021 (60% des adultes en âge de travailler).

De son côté, le ministre suédois, Johan Pehrson, a insisté pour remédier à ces pénuries de main-d’œuvre et manque de compétences sur l’action concertée des gouvernements, des partenaires sociaux et des entreprises.

Lors de cette session consacrée aux compétences et aux emplois, les ministres se sont penchés plus précisément sur une note préparée par la Fondation pour l’amélioration des conditions de travail, Eurofound. Celle-ci y conclut qu’il reste difficile de prévoir avec précision quels types de compétences sont nécessaires et dans quelles professions, secteurs et régions dans un monde du travail en constante évolution. « Il faut donc un suivi permanent et l'implication de tous les acteurs pour établir des programmes d'enseignement et de formation professionnelle initiale et continue appropriés ». Les lacunes en matière de compétences numériques et les compétences requises pour réaliser la transition vers une économie sans carbone sont de plus en plus évidentes, note aussi Eurofound.

Les gouvernements doivent « donc adapter l'orientation des politiques actives du marché du travail, mais aussi des mesures plus larges en matière d'éducation et de formation. Les partenaires sociaux sectoriels ont un rôle à jouer dans la conception de mesures de formation et de reconversion. Et les entreprises doivent faciliter ce processus en investissant dans la formation et en en organisant le travail de manière à favoriser la formation et l'apprentissage en cours d'emploi ».

Par ailleurs, il existe de grandes différences dans les niveaux moyens de compétences numériques entre les États membres. En 2021, seuls 54% des adultes européens possédaient des compétences numériques de base alors que l'objectif fixé pour 2030 est de 80%. La proportion d'individus possédant des compétences numériques de base en 2021 allait de 28% en Roumanie à 79% en Finlande et aux Pays-Bas.

En ce qui concerne la transition énergétique, « les prévisions indiquent que la création d'emplois sera inégale dans l'économie, l'emploi dans les secteurs les plus liés à la transition verte - tels que la construction - devant enregistrer les plus fortes augmentations ».

Ici, les prévisions en matière d'emploi mettent en évidence la demande accrue de main-d'œuvre dans des secteurs déjà confrontés à des pénuries structurelles de main-d'œuvre, en raison du vieillissement, mais aussi souvent des mauvaises conditions de travail ou de paie. Or d'ici 2030, le secteur devra former 3 à 4 millions de travailleurs supplémentaires pour réaliser la transition énergétique.

La seconde session a été consacrée à la protection sociale et à la question du financement des soins de longue durée avec une population vieillissante ainsi que du financement des politiques pour l’enfance pour permettre de maintenir les femmes sur le marché du travail.

Les expériences et réformes nationales ont ici été discutées, l’un des axes de travail de la Présidence suédoise étant de faire travailler les gens plus longtemps, s’ils sont en bonne santé.

Directive ‘temps de travail’ contestée en Suède

Nicolas Schmit devait par ailleurs rencontrer jeudi soir les représentants des syndicats suédois au sujet de l’application de la directive européenne sur le temps de travail, que contestent certaines professions en Suède, notamment les pompiers suédois.

Selon les médias locaux, des centaines de pompiers estiment que la directive fixe une norme trop stricte, notamment sur les repos. « Environ deux tiers des pompiers du pays travaillent à temps partiel et les gardes de 24 heures leur ont permis jusqu'à présent de concilier leurs fonctions de pompiers avec leur emploi principal et leur vie privée. Avec les 11 heures de repos obligatoires par période de 24 heures prévues par la directive, ce n'est plus possible », expliquent ces médias.

Le secteur des soins de santé exprimerait les mêmes difficultés.

Interrogé sur le sujet jeudi matin, le commissaire s’est dit certain qu’une solution sera trouvée, mais l’objectif reste de garder des « standards sociaux élevés ».

La Commission n’est « pas là pour démanteler le modèle suédois », mais il y aura « un problème », si des accords collectifs nationaux s’avèrent en deçà des standards fixés au niveau européen, a aussi prévenu le commissaire.

Lien vers la note d'Eurofoundhttps://aeur.eu/f/6p8 (Solenn Paulic)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
CONSEIL DE L'EUROPE
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
INSTITUTIONNEL
SÉCURITÉ - DÉFENSE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES