Alors que le temps presse, la signature par les Européens de l'Accord post-Cotonou conclu en avril 2021 entre l'UE et l'organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) n'est pas encore pour demain, au grand dam des ministres européens du Développement, qui en ont discuté, jeudi 4 mai, lors du Conseil 'Affaires étrangères' dans son format 'Développement' (EUROPE 13174/34).
La Pologne a expliqué que sa réserve était liée à la question des excédents de céréales ukrainiennes sur le marché polonais, sans préciser exactement ce qu'elle attend comme concession de l'UE.
« La Pologne n'est pas en mesure pour le moment d'accepter le projet de décision sur l'accord post-Cotonou. Cette absence d'acceptation est due à l'incohérence perçue des actions de l'UE et de ses États membres à l'égard des pays ACP, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire, en particulier au cours des dernières semaines », selon les propos de la délégation polonaise rapportés par un diplomate de l'UE.
On ne peut pas lier comme ça deux négociations, ont estimé le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, et le ministre suédois de la Coopération internationale et du Commerce, Johan Forssell. Pour autant, une solution devra être trouvée. La Pologne s'est dite ouverte à négocier avec la Commission européenne et M. Borrell.
15 délégations ont pris la parole (l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, le Danemark, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, le Luxembourg, Malte, le Portugal, la République tchèque, la Suède, la Slovénie et les Pays-Bas) pour insister sur la nécessité impérieuse d'avancer.
Elles ont toutes fait état de leur frustration, mentionnant l'impact négatif de tout retard dans la signature de cet accord de partenariat sur la crédibilité de l'UE et sur les relations avec un groupe de 79 pays particulièrement importants dans le contexte géopolitique complexe.
Cet accord de partenariat renouvelé vise notamment à permettre à l'UE et aux 79 pays ACP de définir des positions communes sur des défis globaux et de peser dans les fora internationaux.
En tant qu'accord mixte, la signature de l'UE et ses États membres, d'une part, et les membres de l'OEACP, d'autre part, est requise. Une note du Conseil, datée du 2 mai et consultée par EUROPE, souligne que l'Accord post-Cotonou doit être mis à la disposition des ambassadeurs des Vingt-sept auprès de l'UE pour signature par procédure écrite, à temps, en juin, avec des dates entre crochets. La dernière prolongation de l'Accord de Cotonou actuel expire le 30 juin.
Voire la note : https://aeur.eu/f/6pt (Aminata Niang)