Depuis le début de la guerre, la justice ukrainienne a ouvert plus de 71 000 affaires de crimes de guerre supposés, d'après Myroslava Krasnoborova, procureur ukrainien de liaison à Eurojust, qui participait à un point presse de l'agence Eurojust à La Haye pour faire un bilan des actions prises ces derniers mois pour amener les responsables de crimes internationaux devant la justice.
Concernant le crime d'agression, qui pourrait permettre de punir les plus hauts responsables de la guerre, le Président d'Eurojust, Ladislav Harman, a rappelé que son agence accueillerait bientôt le « Centre de coordination international pour la poursuite du crime d'agression 'ICPA) » (EUROPE 13109/2, 13109/1). Celui-ci devrait voir le jour d'ici l'été, selon la vice-présidente d'Eurojust, Margarita Šniutytė-Daugėlienė. Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a indiqué, le 17 février, que l'ICPA devrait être opérationnel « à partir de juillet » (EUROPE 13124/12).
L'ICPA soutiendra les enquêtes avec le stockage des preuves, la coordination des travaux, mais ne récoltera pas les preuves lui-même, a rappelé Ladislav Hamran.
« L'Ukraine accueille très positivement la décision de mettre en place l'ICPA à Eurojust et espère que cela accélèrera les discussions sur l'éventuelle poursuite du crime d'agression », a affirmé Mme Krasnoborova.
Ladislav Hamran a rappelé qu'un soutien international important est crucial pour pouvoir effectivement arriver à poursuivre les auteurs du crime d'agression. (Léa Marchal)