Dans un « Carnet des droits de l’homme » publié jeudi 16 février, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, constate qu’une « dynamique positive » s’est enclenchée en Europe pour interdire les « thérapies » de conversion des personnes LGBTI, mais se dit « bien consciente » que « les progrès ne sont pas automatiques ».
En 2016, Malte a été le premier pays européen à interdire ces pratiques reposant généralement sur la psychothérapie, y compris la thérapie comportementale et cognitive, voire des méthodes impliquant électrochocs ou substances provoquant la nausée, l’intervention médicale et l’approche confessionnelle entraînant parfois insultes ou exorcismes.
L’Allemagne en a interdit la publicité, de nombreuses régions et villes d’Espagne ont déjà pris des mesures pour les interdire, la France et la Grèce ont agi en ce sens, l’Albanie a adopté des lignes directrices pour interdire aux psychologues de les promouvoir ou les appliquer.
Des projets d’interdiction sont à l’étude en Belgique, à Chypre, en Finlande, en Irlande, aux Pays-Bas, en Norvège, en Suisse et au Royaume-Uni, où la procédure a cependant été freinée – mais pas stoppée – par des débats sur la possibilité de continuer à les appliquer aux personnes trans.
On estime que, dans l’Union européenne, 2% des personnes LGBTI les ont subies et que 5% se sont vu proposer des conversions.
Les chiffres réels pourraient être bien plus élevés, car ces pratiques sont souvent clandestines, précise Mme Mijatović.
Les interdictions doivent être « précises et applicables », avertit la commissaire, qui exhorte les gouvernements à « battre en brèche » les discours qui présentent les personnes LGBTI comme « déviantes ou anormales ».
« Les différentes orientations sexuelles et identités de genre ou expressions de genre n’ont pas à être modifiées ou réprimées », conclut-elle. « Elles témoignent de la riche diversité des êtres humains ».
Lien vers le « Carnet des droits de l'homme » : https://aeur.eu/f/5d2 (Véronique Leblanc)