La Commission européenne a indiqué, mercredi 21 décembre, qu'elle allait écrire à l'ancien commissaire européen Dimítris Avramópoulos pour lui demander de clarifier de quelle manière il a représenté l'association Fight Impunity alors que la période de viduité de deux ans à laquelle il était soumis depuis la fin de son mandat n'avait pas expiré (EUROPE 13087/16).
Dans cette missive, l'institution de l'UE demandera également à M. Avramópoulos des précisions sur la façon dont il a respecté « les restrictions » qui lui ont été imposées lorsqu'il a été autorisé à collaborer avec cette association au centre d'un scandale de corruption éclaboussant le Parlement européen, a déclaré son porte-parole, Eric Mamer.
Notamment, l'ancien commissaire ne devait en aucun cas contacter la Commission au nom de l'ONG avant la fin de la période de viduité.
Selon M. Mamer, M. Avramópoulos a rendu « de brèves visites de courtoisie », mi-novembre 2021 « au moins », à des commissaires déjà membres de la Commission 'Juncker', à son successeur au portefeuille des Affaires intérieures, Ylva Johansson, ainsi qu'à une connaissance de longue date, sa compatriote Stella Kyriakides. Il a aussi rencontré en privé d'anciens collègues lors de leur passage en Grèce.
« À aucun moment, lors de ces réunions, il n'a représenté l'ONG » en question ni discuté de sujets en lien avec ses activités pour cette organisation, a assuré M. Mamer.
Mercredi, la Commission européenne a également annoncé qu'elle avait suspendu jusqu'à nouvel ordre tout paiement à No Peace Without Justice - organisation plus ancienne que Fight Impunity, mais localisée dans les mêmes locaux bruxellois - qui pourrait avoir joué un rôle dans cette affaire. L'inscription au registre européen de transparence de No Peace Without Justice a été suspendue alors que Fight Impunity n'a jamais été inscrite au registre, lacune que ses dirigeants avaient promis de réparer, mais que la Commission a omis de vérifier. (Mathieu Bion)