La Commission européenne a indiqué, lundi 19 décembre, qu'elle était en train de vérifier le type d'activités que l'ancien commissaire européen à la Migration et aux Affaires intérieures Dimítris Avramopoulos a entrenues avec des responsables politiques et des membres du personnel de l'institution européenne après qu'il eut quitté ses fonctions officielles, fin 2019.
M. Avramopoulos a reconnu avoir perçu 60 000 euros pour des services prestés pendant un an au profit de l'association Fight Impunity, l'organisation au centre du scandale de corruption qui éclabousse le Parlement européen (EUROPE 13085/20), à la suite d'informations révélées la veille par le quotidien italien La Stampa.
Cette activité avait reçu en février 2021 un feu vert conditionnel de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur la base d'un avis du comité d'éthique interne à l'institution. M. Avramopoulos n'avait pas le droit de contacter des commissaires européens ni des membres de leur cabinet dans le cadre de ses activités exercées au titre de Fight Impunity.
« Nous sommes en train de vérifier s'il a respecté les restrictions » imposées, a déclaré le porte-parole de la Commission, Eric Mamer. La Commission était aussi au courant du niveau de sa rémunération.
M. Avramopoulos est candidat au poste de Représentant spécial de l'UE pour les pays du Golfe, dont la nomination doit être annoncée d'ici fin 2022.
Pose également question le fait que Fight Impunity n'est pas inscrite au registre européen de transparence, condition requise pour que ses représentants soient autorisés à rencontrer des représentants de la Commission. Une telle lacune ayant été mise en lumière par le comité d'éthique de l'institution de l'UE, la direction de l'ONG s'était engagée à y remédier au sortir de la pandémie de Covid-19. Interrogée lundi, la Commission n'a pas été en mesure de démontrer qu'elle avait effectué les vérifications appropriées.
« Nous ne le faisons pas systématiquement », a indiqué M. Mamer.
Lorsque le scandale de corruption a éclaté, M. Avramopoulos a immédiatement démissionné de ses fonctions au sein de Fight Impunity, de même que l'ancienne Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Federica Mogherini, l'ancien ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, l'ancienne eurodéputée libérale suédoise Cecilia Wikström, tous membres honoraires de l'association.
D'après M. Mamer, Mme Mogherini est devenue membre de l'organisation « après la période de viduité » ('cooling-off period') de vingt-quatre mois à laquelle sont soumis les anciens commissaires européens à la fin de leur mandat. Donc, elle n'avait pas à en demander l'autorisation auprès du comité d'éthique de la Commission, a-t-il relevé. (Mathieu Bion)