La Suède, qui prendra la Présidence du Conseil de l’UE le 1er janvier, met les affaires étrangères – et la guerre en Ukraine – en haut de son agenda des priorités.
« L'invasion de l'Ukraine par la Russie signifie que la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) sera une priorité de l'agenda de l'UE pendant la Présidence suédoise. Il est dans l'intérêt de l'UE de contribuer à contrer l'agression de la Russie », précise le programme de la Présidence.
Si la PESC est du ressort du Haut Représentant de l’UE, la Suède veut contribuer à une UE « unie, engagée et efficace » et s'efforcera de renforcer l'UE en tant qu'acteur mondial. Elle « encouragera la poursuite d'une politique européenne active et unie pour contrer l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cela implique de faire pression sur la Russie, la Biélorussie et les autres parties responsables, notamment en imposant des sanctions et en demandant des comptes, et de fournir à l'Ukraine un soutien politique, économique, militaire, humanitaire et juridique, y compris pour sa reconstruction », mais aussi concernant le processus d’adhésion à l'UE, la coopération avec les partenaires importants et le renforcement de la capacité de gestion de crise de l'UE.
Pour Stockholm, la mise en place d'une plateforme de coordination internationale pour l'aide à la reconstruction est une « tâche prioritaire » et l'UE a un rôle important à jouer.
La Suède promet également qu’elle œuvrera pour une mise en œuvre efficace et uniforme des sanctions de l'UE et une coordination avec les pays partenaires de l'UE.
Au-delà de la réponse à la guerre, en Ukraine, la Présidence suédoise compte contribuer aux efforts visant à favoriser des contacts plus étroits avec les pays du voisinage, y compris concernant la politique d'élargissement.
« L'élaboration de formats adaptés pour les relations avec les pays du Partenariat oriental figurera en bonne place à l'ordre du jour et, outre la promotion de liens plus étroits avec l'UE, elle comprendra également le renforcement de la dimension sécuritaire », précise le programme, qui souligne aussi l’importance de la sécurité dans les Balkans occidentaux. De plus, l'UE a un « intérêt stratégique » à ce que les conditions de stabilité et de sécurité soient réunies en Méditerranée orientale, « notamment par des relations coopératives et mutuellement bénéfiques avec la Turquie ».
La Présidence suédoise entend également contribuer activement au développement et au renforcement de la coopération transatlantique avec les États-Unis, mais aussi des coopérations UE-OTAN, avec le Royaume-Uni, le Canada et l'Amérique latine. Elle continuera à soutenir les efforts en cours pour une politique européenne claire, unie et efficace vis-à-vis de la Chine, « fondée sur les intérêts et les valeurs de l'UE ».
La mise en œuvre du partenariat de l'UE avec les pays voisins du Sud sera en outre à l'agenda et la Suède entend aider à mettre en évidence la valeur ajoutée de l'UE en tant que partenaire stratégique des pays africains, notamment sur les questions de développement, de commerce et de sécurité.
En outre, la Présidence soutiendra la mise en œuvre de la communication de la Commission européenne sur la région du Golfe. Elle souhaite renforcer l'engagement de l'UE face à la crise au Yémen, travailler sur le conflit en Syrie, poursuivre la « quête » de l’UE d'une politique cohérente à l'égard de l'Iran et poursuivre les efforts pour une solution négociée à deux États au conflit israélo-palestinien.
De manière générale, la Suède s'efforcera de faire en sorte que les droits de l'homme, la démocratie, l'État de droit, l'égalité des sexes, la paix et la sécurité aient un impact sur la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE. De même, elle compte mettre l’accent sur les questions climatiques.
Par ailleurs, « si les circonstances le permettent », la Présidence suédoise fera progresser les discussions sur le vote à la majorité qualifiée dans certains domaines de la PESC.
Voir le programme de la Présidence : https://aeur.eu/f/4p5 (Camille-Cerise Gessant)