L'Union européenne et le Conseil de l'Europe ont tous deux salué, jeudi 17 novembre, le verdict rendu par le tribunal de district de La Haye dans le cadre de la destruction du vol MH17 de la Malaysian Airlines au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet 2014, ayant entraîné la mort de 298 passagers et membres de l'équipage, dont de nombreux Néerlandais.
Deux Russes et un séparatiste ukrainien ont été condamnés à la prison à vie, par contumace, et un Russe a été relaxé.
Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé que ce verdict était « un premier pas important sur la voie de la vérité et de la responsabilité ».
Il a aussi rappelé que l'enquête pénale sur l'implication d'autres personnes était toujours en cours, tout comme les procédures engagées contre l'État russe devant la Cour européenne des droits de l'homme et l'Organisation de l'aviation civile internationale. La Russie doit assumer sa responsabilité dans cette tragédie et coopérer pleinement aux enquêtes en cours, a une nouvelle fois souligné M. Borrell.
Le président de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le Néerlandais Tiny Kox, s’est réjoui que justice ait enfin été rendue. « Ce verdict montre que la communauté internationale n’acceptera pas l’impunité », a-t-il souligné. Il a dénoncé « l’attitude intolérable des autorités russes, qui ont cherché à occulter la vérité et à propager des récits alternatifs fondés sur de fausses preuves. De telles manœuvres honteuses peuvent être observées quotidiennement dans la guerre d’agression contre l’Ukraine ».
Dans une résolution adoptée à l’unanimité en juin dernier, l’assemblée avait déjà dénoncé la « désinformation » pratiquée par la Russie dans l’enquête sur ce crash et invitait la Cour européenne des droits de l’homme à accorder la priorité à cette affaire pour laquelle elle a été saisie par les Pays-Bas au titre de plusieurs articles de la Convention : l’article 2 (droit à la vie), l’article 3 (interdiction des traitements inhumains) et l’article 13 (droit à un recours effectif).
Lors d’une audience publique qui s’est tenue en janvier 2022 sur la recevabilité de l’affaire, la Russie a, sans surprise, plaidé la non-recevabilité. (Véronique Leblanc et Camille-Cerise Gessant)