Le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a indiqué, lundi 7 novembre, que l'institution de l'UE élabore une proposition législative attendue pour le « premier semestre 2023 » afin d'encadrer la création d'un euro numérique, projet sur lequel travaille activement la BCE en vue d'une concrétisation à l'horizon 2026.
M. Dombrovskis n'a pas nié que la mise en circulation d'un euro numérique aurait des implications pour les institutions financières, même si l'objectif n'est pas d'éroder le stock des dépôts bancaires des individus et in fine de limiter la capacité des banques à prêter à l'économie réelle.
Comme lui, la présidente de la BCE a évoqué l'enjeu du respect de la vie privée, aspect essentiel à respecter pour que les citoyens aient confiance en cette monnaie banque centrale dans un environnement numérique. Selon elle, une décision politique devra trouver « le juste équilibre entre des objectifs opposés » tels que la protection des données personnelles et la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
« Un anonymat complet » ne me paraît pas une option viable pour lutter contre le blanchiment d'argent et, pour protéger les dépôts bancaires, il sera impossible de fixer une limite aux investissements en euro numérique sans avoir accès à l'identité des particuliers, a estimé Mme Lagarde, tout en envisageant une sécurité maximale des paiements de faible montant en euro numérique ou hors-ligne ('low-value and offline payments').
M. Dombrovskis et Mme Lagarde ont également insisté sur le fait que, malgré la montée en puissance des paiements numériques, l'euro numérique ne remplacera pas l'argent liquide. D'ailleurs, le vice-président de la Commission a indiqué à ce titre qu'une proposition législative spécifique clarifiera le cours légal ('legal tender status') de l'euro fiduciaire, déjà inscrit dans les traités (article 128). Pour Mme Lagarde, ce statut devrait aussi être octroyé à l'euro numérique. (Mathieu Bion)