Alors que la Semaine européenne des régions et des villes (EUROPE 13039/9) bat son plein, le Comité européen des régions (CdR) a clôturé, mercredi 12 octobre, sa 151e session plénière. Il a été question, notamment, de la place des régions et des villes dans la COP27, de la relance de l’Alliance pour la cohésion et du suivi de la Conférence sur le futur de l’Europe. Les membres ont insisté sur la nécessité de ne pas perdre de vue les objectifs de long terme, que ce soit au niveau des ambitions climatiques, de la politique de cohésion ou en ce qui concerne les réformes de l’UE, y compris en temps de crise.
Les autorités locales doivent être formellement impliquées dans la COP27
Le Comité a lancé les travaux de la journée avec un débat sur la COP27, qui se tiendra en novembre à Sharm el Sheikh en Égypte. Les membres ont plaidé pour une implication formelle et plus importante des autorités locales et régionales dans les discussions. Pour la première fois, « la gouvernance à plusieurs niveaux sera discutée à la COP [avec] une initiative sur la politique climatique urbaine durable, dans laquelle nous essayons de faire entendre la voix des villes », a salué Sharon Dijksma, maire d’Utrecht et envoyée spéciale pour le réseau de villes aux Nations Unies, espérant toutefois qu’il s’agit de « la dernière fois où les villes n'ont pas de position officielle au sein de la COP ».
Présent lors de la session, Bas Eickhout (Verts/ALE, hollandais), eurodéputé et vice-président de la commission de l’environnement (ENVI) du Parlement européen, a rappelé que la gestion des impacts du changement climatique devient prévalante dans les négociations internationales sur le climat. Dans ce contexte, « le rôle des autorités régionales devient de plus en plus important, étant donné que les impacts se ressentent plus au niveau local. » Rafal Tratowski, maire de Varsovie et président de la commission de l’environnement au CdR a rappelé, quant à lui, que ce sont les autorités locales qui « mettent en œuvre les mesures et qui sont en première ligne dans la gestion des difficultés ». Il a également appelé à des « financements directs » pour les régions ambitieuses souffrant de « gouvernements irresponsables » qui bloquent les plans de relance.
Relance de l’Alliance pour la cohésion
Par ailleurs, la session plénière a été l’occasion de discuter de la relance de l’Alliance pour la cohésion, lancée pour la première fois en 2017 et constituée de collectivités et autorités locales ainsi que du CdR. Dans une déclaration conjointe publiée mercredi 12 octobre, ils s’engagent à « élaborer des propositions communes visant à renforcer la politique de cohésion et à la rendre apte à relever les défis de la période post-2027 ».
Les partenaires préconisent, entre autres, une simplification de la politique de cohésion, aussi bien en évitant la multiplication des fonds qu'en facilitant la mise en œuvre, et de ne pas sacrifier ses objectifs de long terme en temps de crise. Ils souhaitent également promouvoir l’importance de la politique de cohésion auprès des communautés locales et régionales à travers l’Europe. « Nous ne pouvons pas tomber dans le piège de prêcher uniquement aux convertis », a ajouté Vasco Alves Cordeiro, président du CdR.
La commissaire européenne à la Politique de cohésion, Elisa Ferreira, a salué l’initiative : « Nous avons besoin de vous maintenant et dans les années à venir, en particulier dans les réformes de la politique de cohésion après 2027. L'Alliance doit rester un élément permanent, avec des réunions régulières, et défendre la cohésion comme un pilier de l’UE ».
Besoin de réformes structurelles
Enfin, les représentants ont abordé les résultats de la Conférence sur l'Avenir de l’Europe, en présence de la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Démocratie et de la Démographie, Dubravka Šuica. « Les collectivités locales et régionales sont cruciales, [car] elles construisent des ponts entre les citoyens et l'UE, notamment par le biais du CdR. […] Il est essentiel que nous nous appuyions sur nos efforts communs et, à cet égard, nous avons proposé le projet 'Construire l'Europe avec les conseillers locaux'» dans le but de mieux communiquer et engager les citoyens par rapport aux projets européens, a-t-elle déclaré.
De leur côté, les membres ont notamment déploré le manque d’un mécanisme de suivi des conclusions de la Conférence et appelé à des réformes structurelles de l’Union. « Donnons un pouvoir législatif au CdR dans les domaines de la cohésion territoriale, du climat et de la citoyenneté », a ajouté Christophe Bouillon (PES, français), faisant écho au rapport du CdR sur la situation des villes et des régions (EUROPE 13040/8). « Par ailleurs, comme cela existe depuis trente ans pour la mise en œuvre de la politique de cohésion, il faut appliquer à toutes les politiques de l’UE l’exigence démocratique de partenariat entre les niveaux de gouvernance locale, régionale, nationale et européenne ».
La commissaire a promis un évènement de suivi en présence des citoyens, du Parlement et du Conseil d’ici la fin de l’année et rappelé que, pour des réformes structurelles telles que la révision des Traités, toutes les institutions doivent s’accorder. (Hélène Seynaeve)