Cinq députés issus des groupes pro-européens - Danuta Hübner (PPE, polonaise), Domènec Ruiz Devesa (S&D, espagnol), Guy Verhofstadt (Renew Europe, belge), Damian Boeselager (Verts/ALE, allemand) et Helmut Scholz (La Gauche, allemand) - préconisent la mise sur pied d'un Fonds européen pour la sécurité énergétique (EESF) alimenté par un nouvelle endettement européen afin d'aider les citoyens et les entreprises de l'Union européenne à faire face à l'envolée des prix énergétiques provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine, dans une lettre adressée mardi 11 octobre à la Commission européenne.
D'après eux, la crise énergétique actuelle requiert la même approche que celle poursuivie pour affronter la pandémie de Covid-19 en 2020, à savoir une solution européenne qui permette : - des achats conjoints ; - des investissements dans les énergies renouvelables via le Fonds EESF ; - l'établissement d'un Plan européen d'assistance énergétique (EEAP) fournissant des subventions et des prêts aux États membres. Selon eux, une telle initiative européenne est justifiée pour préserver le marché intérieur et par le fait que les États membres ne disposent pas de la même marge de manœuvre pour soutenir leur économie.
Soutenant le récent appel des commissaires européens Thierry Breton et Paolo Gentiloni (EUROPE 13035/31), les cinq eurodéputés sont d'avis que le Fonds EESF et le plan d'action EEAP devraient être financés par un endettement européen, lui-même en partie garanti par un prélèvement sur la taxation des superprofits que réalisent actuellement les entreprises énergétiques. Un tel mécanisme éviterait de faire appel à des garanties publiques, font-ils valoir.
Dans la foulée, les membres du Movimento 5 stelle siégeant au Parlement européen se sont associés, mercredi, à la démarche de leurs homologues. Ils demandent au PE de reprendre à son compte cette initiative qui ravive l'esprit de solidarité européenne qui a prévalu lors de la pandémie.
Voir la lettre des cinq europutés : https://aeur.eu/f/3kw (Mathieu Bion)