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Bulletin Quotidien Europe N° 12980
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Le ministre grec de la Migration rejette à nouveau les accusations de refoulements de migrants

Le ministre grec de la Migration et de l’Asile, Notis Mitarachi, a de nouveau défendu, lundi 27 juin en commission des libertés civiles du PE (LIBE), l’action de son gouvernement concernant la gestion des frontières extérieures du pays et a rejeté les allégations de refoulements et de violences auxquels se livreraient régulièrement les garde-côtes grecs contre des migrants.

Invité par la commission LIBE à s’exprimer, après que cette dernière avait exprimé sa préoccupation auprès de la commissaire Ylva Johansson dans une lettre révélée par Politico, le ministre a par ailleurs jugé la Turquie responsable de nombreuses provocations et tentatives de déstabilisation avec des « encouragements » des départs vers la Grèce.

« On n’aurait pas ces discussions si la Turquie appliquait sa part de l’accord », a dit le ministre, faisant référence à l’arrangement UE-Turquie de 2016 en vertu duquel Ankara doit prévenir les arrivées irrégulières de migrants en échange d’argent.

Par ailleurs, le ministre a défendu l’amélioration depuis 3 ans des centres d’accueil, « aucune personne n’étant morte de la Covid-19 dans les camps de réfugiés », s’est-il aussi félicité. Les traitements de dossiers d’asile ont été accélérés et les garde-côtes ont aussi fait leur travail en sauvant de nombreux migrants cette année, dont plusieurs dizaines de personnes récemment au niveau du fleuve Evros « où elles avaient été abandonnées par leurs passeurs ».

Il s’en est pris également au travail de journalistes d’investigation ayant apporté des preuves de refoulements dans leurs articles. « 14 cas suspects seraient des rumeurs » non étayées, a dit le ministre, indiquant aux députés qu’une nouvelle enquête d’audit indépendante sera menée.

Le ministre a aussi expliqué certaines difficultés par les discussions techniques actuellement menées avec la Turquie pour déterminer la responsabilité dans cette zone du fleuve Evros.

Certaines personnes migrantes se sont ainsi récemment retrouvées bloquées pendant plusieurs jours alors que les deux camps se rejetaient la responsabilité de la prise en charge.

Pour Birgit Sippel (S&D, allemande), le fait que des pays tiers comme la Turquie se comportent mal ne « peut constituer une excuse » pour que les pays membres se comportent mal à leur tour et « utilisent la violence ». La députée a aussi rappelé que de nombreux migrants sont obligés de franchir les frontières irrégulièrement quand ils fuient une situation d’urgence.

« La pression sur la Grèce est énorme, on ne doit pas seulement réagir, mais être pro-actif pour traiter les migrations », a encore plaidé le ministre, qui a contesté tout traitement illégal envers les migrants.

Il a aussi estimé que la discussion sur les frontières extérieures serait plus « honnête » si les États membres prenaient aussi leur part de la charge.

En effet, si ceux-ci peinaient encore ces derniers jours à obtenir des engagements volontaires de relocalisation pour un objectif annuel de 10 000 personnes sauvées en mer, les pays du Sud de l'UE ont bien fait comprendre récemment qu’il faudrait plutôt « se répartir 120 000 personnes par an », a encore affirmé M. Mitarachi. (Solenn Paulic)

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