La coopération multilatérale coordonnée est l'une des priorités des dirigeants européens pour combattre l'impact de la guerre en Ukraine sur les pays les plus vulnérables, selon le projet de conclusions du sommet européen (EUROPE 12960/5).
Le président du Conseil européen, Charles Michel, l'a confirmé lundi 30 mai, à l'ouverture du sommet, en annonçant que le président du Sénégal et président en exercice de l'Union africaine, Macky Sall, sera invité mardi 31 mai à s'exprimer à ce sujet devant les dirigeants des Vingt-sept.
« Demain, Macky Sall s'adressera au Conseil européen au nom de l'Union africaine », a annoncé M. Michel à la presse à son arrivée au sommet. Selon lui, « c'est la guerre décidée par la Russie contre l'Ukraine qui provoque un risque grave pour la sécurité alimentaire dans le monde. C'est la responsabilité de l'UE de prendre soin de nous-mêmes et aussi des pays en développement ».
L'intervention de M. Sall permettra « de montrer cette interactivité que nous voulons, notamment avec les pays africains », a souligné le président du Conseil européen.
D'après la dernière mouture du projet de conclusions, datée du 30 mai, le Conseil européen devrait « inviter la Commission à étudier la possibilité de mobiliser les réserves du Fonds européen de développement pour soutenir les pays partenaires les plus touchés ».
« La FAO dénombre, dans son rapport 2021 sur l’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde, 282 millions de personnes en situation de sous-alimentation en Afrique », s'est alarmé Macky Sall, le 27 mai, au sommet extraordinaire de l'Union africaine sur la situation humanitaire en Afrique, accueilli en Guinée équatorienne.
Pourtant, contrairement à l'UE, l'Union africaine refuse de condamner la Russie et prône le dialogue pour un arrêt de la guerre. Dans cet esprit M. Sall a annoncé le 22 mai son intention de se rendre prochainement en Russie et en Ukraine.
À son arrivée au sommet, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a qualifié la question de la sécurité alimentaire de « sujet d'une énorme importance ». « C’est évident que la Russie utilise le blé comme une arme, comme une arme de guerre. On est en train de voir de quelle manière faire sortir les 20 millions de tonnes de blé ukrainien. Ce n’est pas facile - il faut évidemment un accord avec la Russie pour utiliser la voie maritime », a-t-il considéré, estimant que la Russie ne pouvait pas affamer le monde.
Par ailleurs, selon le projet de conclusions, le Conseil européen souligne l'importance de la politique agricole commune (PAC) dans la contribution de l'UE à la sécurité alimentaire et demande que les plans stratégiques de la PAC soient « rapidement adoptés ».
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/1uu (Aminata Niang)