login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12961
Sommaire Publication complète Par article 15 / 27
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Psdc

Le SEAE estime qu'il faudrait envisager des missions PSDC militaires au Niger et au Burkina Faso

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) recommande, dans un document daté du 25 mai dont EUROPE a eu copie, d’envisager des missions PSDC militaires au Niger et au Burkina Faso et une action PSDC dans le golfe de Guinée.

Dans sa revue stratégique des missions EUTM Mali et EUCAP Sahel Mali de 2022, le SEAE fait le point sur la « situation politique et sécuritaire au Mali (qui) continue de se dégrader » et les conséquences sur les missions.

Il estime ainsi qu’il faudrait que les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE (Comité politique et de sécurité) l’invitent à « élaborer un concept de gestion de crise pour une éventuelle mission militaire PSDC au Niger, à poursuivre l'élaboration des modèles possibles pour une action PSDC dans le golfe de Guinée et à étudier plus avant les possibilités d'une mission militaire PSDC au Burkina Faso, si les conditions le permettent ». Dans des analyses précédentes, le SEAE avait déjà appelé à mettre l’accent sur des actions au Niger, au Burkina Faso et dans le golfe de Guinée (EUROPE 12904/17).

La mission civile EUCAP Niger devrait aussi être prolongée techniquement pour deux mois – elle court jusqu’au 30 septembre - et une revue stratégique devrait être présentée au plus tard fin juin 2022.

Que ce soit pour EUTM Mali ou EUCAP Sahel Mali, le Service diplomatique recommande de « suspendre temporairement et de manière réversible toutes les activités de formation opérationnelle » bénéficiant aux forces armées maliennes, à la Garde nationale et à la Gendarmerie nationale. C’est le cas depuis une décision du Comité politique et de sécurité du 5 avril. De plus, selon le SEAE, il faut maintenir la capacité nécessaire pour mener une planification d'urgence en vue d'un redéploiement et d'un rétablissement des activités de formation opérationnelle, si les ambassadeurs l'acceptent.

Le SEAE précise que les possibilités de coopération future avec les autorités et les forces de défense et de sécurité maliennes dépendront de deux facteurs majeurs : si les autorités maliennes sont disposées à coopérer avec les missions PSDC de l'UE et font preuve de l'engagement nécessaire dans leurs actions et si certaines conditions préalables sont remplies avant toute nouvelle formation opérationnelle afin d'éviter tout risque pour la réputation et de préserver la crédibilité de l'UE. Il faudra ainsi que les missions puissent fonctionner librement et complètement, l’absence de toute interférence des forces affiliées à la Russie avec les unités formées et l'existence de mécanismes pour prévenir les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire.

Cependant, « afin de ne pas créer un vide qui pourrait être exploité au détriment des intérêts de l'UE, la présence de la PSDC au Mali devrait être maintenue », prévient le Service diplomatique.

Il faut aussi, selon lui, surveiller et évaluer l'extension de l'implication de la Russie et des forces affiliées à la Russie dans les forces maliennes de sécurité et de défense (MDSF) ainsi que leur présence dans les établissements d'entraînement de la MDSF et les infrastructures associées et surveiller la campagne de désinformation soutenue par la Russie.

Les missions doivent également poursuivre leurs actions liées aux droits de l’homme et au droit humanitaire et la coordination sur tous ces aspects en vue de promouvoir la coopération civile-militaire, notamment avec la délégation de l’UE et la Minusma.

Modifier les missions au Mali

Malgré la situation compliquée, le SEAE recommande de maintenir la durée actuelle du mandat d’EUTM Mali qui court jusqu’au 23 mai 2024 et de prolonger celui d’EUCAP Sahel Mali pour deux ans, soit jusqu’à fin janvier 2025 (le mandat actuel prend fin le 31 janvier 2023).

De plus, même si EUTM ne fournit plus d’entraînement opérationnel, le service diplomatique estime qu’il doit concentrer sa mission sur la fourniture de conseils stratégiques au ministère de la Défense et à l'état-major du Mali afin d'améliorer leur fonctionnement dans tous les domaines pertinents, de participer à la formation des sous-officiers et des officiers dans des domaines spécifiques et de fournir une formation aux forces armées maliennes uniquement dans les domaines non opérationnels, y compris les droits de l'homme, le droit international humanitaire, la protection des civils, l'égalité des sexes et la protection des enfants.

Le soutien à la force conjointe du G5 Sahel doit aussi être poursuivi en fonction de l’avenir de la force alors que le Mali a annoncé qu’il la quittait le 15 mai. « Si des actions spécifiques de PSDC sont mises en place au Niger et au Burkina Faso, (il faudrait) transférer les activités dans ces pays et s'attacher à assurer une liaison appropriée sur les questions liées à la force conjointe du G5 Sahel », précise le document.

Selon le SEAE, le mandat d’EUCAP doit être maintenu, mais il convient de le modifier pour que le 4e objectif stratégique porte sur la facilitation du redéploiement des FSI au Centre et leur déploiement au sud du Mali et que la facilitation du redéploiement des FSI vers le Centre soit temporairement suspendue jusqu'à une décision contraire des ambassadeurs du Comité politique et de sécurité.

De plus, il faudrait se concentrer sur les activités contribuant à une meilleure gouvernance des forces de la garde nationale et de la gendarmerie nationale. Il faudrait également se concentrer sur les activités de la gendarmerie contribuant à une meilleure gouvernance des forces, continuer à développer les mécanismes de responsabilité et les activités dans le domaine de la lutte contre l'impunité et de la sensibilisation aux droits de l'homme. Le SEAE recommande de renforcer les activités de la mission concernant la police nationale pour améliorer ses capacités à renforcer la sécurité régionale. Pour la gendarmerie et la police nationales, le service diplomatie propose de maintenir l'approche de formation des formateurs et l'accompagnement dans le domaine de la formation spécialisée sur les questions d'enquête. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
Invasion Russe de l'Ukraine
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES