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Bulletin Quotidien Europe N° 12904
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / Psdc

Le SEAE plaide pour de nouvelles missions de l'UE au Burkina Faso et au Niger

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a estimé, dans un document daté du 28 février et obtenu par EUROPE, qu’au regard de la situation actuelle au Mali, au Burkina Faso et au Niger, un rééquilibrage de l’action PSDC régionale au Sahel semblait nécessaire.

Malgré le départ du Mali des opérations Takuba et Barkhane et les tensions entre autorités françaises et maliennes, selon le SEAE, les autorités maliennes ont réaffirmé le 22 février leur souhait de la poursuite des deux missions de PSDC de l'UE au Mali (EUTM et EUCAP).

« La situation sécuritaire au Sahel ne cesse de se dégrader : le Mali et le Burkina Faso ne semblent pas en mesure de contrer la menace (terroriste, NDLR) et le Niger subit une pression sécuritaire croissante », précise le document du SEAE.

Le Service recommande donc que la mission EUTM Mali se concentre sur son mandat malien et que des missions de PSDC dédiées permanentes soient établies au Burkina Faso, si les conditions le permettent et/ou au Niger. « Cette option nécessitera une structure de coordination pour assurer la cohérence d’ensemble des actions dans le domaine de la défense au Sahel », précise le document. Selon le SEAE, une telle option permettrait une redéfinition de l’engagement européen tout en prémunissant sa liberté d’action, si l’arrêt des activités au Mali survenait.

Afin de répondre rapidement aux besoins et d’assurer une continuité, le déploiement de Task Forces à partir d’EUTM Mali constituerait une première étape avant l’établissement des missions dédiées, selon le document.

Il estime également qu’il conviendrait de protéger les missions de PSDC contre « tout risque sécuritaire supplémentaire et réputationnel » tout en faisant preuve de patience stratégique et en insistant sur la disponibilité de l’UE à poursuivre son appui à condition que les garanties nécessaires soient en place. « La suspension temporaire de certaines activités pourrait être nécessaire », prévient-il, tout en expliquant que cela n’est pas recommandé dans le contexte actuel.

Selon le SEAE, les missions de PSDC au Mali pourraient être confrontées à deux situations. Dans le cas le « moins critique », le soutien du groupe Wagner se limiterait à ses activités actuelles, sans interférer avec le soutien européen. EUTM Mali parviendrait à poursuivre ses activités de conseil, de formation et d’entraînement et EUCAP Sahel Mali pourrait poursuivre ses activités de conseil stratégique.

Dans le cas « le plus défavorable », l’action et l’incursion de Wagner dans le commandement, la planification et la conduite des opérations maliennes entraîneraient une « rupture de la confiance et du partenariat » établi pour EUTM Mali. « Du fait du retrait de Takuba et Barkhane, EUTM verrait son action réduite par l’environnement politique et sécuritaire et une plus forte exposition à ses compétiteurs », ajoute le document, qui précise que les forces de sécurité intérieure à statut militaire pourraient également être employées en lien avec Wagner, menaçant les efforts entrepris dans le cadre de la lutte contre l’impunité. « Cette situation pourrait se concrétiser, sous réserve que le nouveau partenaire sécuritaire du Mali ait les moyens d’atteindre ses objectifs », alerte le SEAE. Si EUTM Mali ne peut plus opérer dans le pays, alors la fin de cette mission entraînerait une reconfiguration rapide de l’action PSDC militaire au Sahel, selon le service diplomatique.

Les revues stratégiques des missions de PSDC seront présentées au printemps 2022.

Par ailleurs, la ministre des Affaires étrangères suédoise, Ann Linde, a annoncé, jeudi 3 mars, le retrait de la contribution militaire suédoise à la mission de l’ONU Minusma à partir de novembre 2022 et que celle-ci sera terminée d’ici juin 2023, soit un an plus tôt qu’initialement prévu. (Camille-Cerise Gessant)

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