La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a annoncé, vendredi 4 mars à Marseille, la mise en place d’un dialogue structuré entre le PE et le Parlement national ukrainien, la Rada d’Ukraine (Verkhovna Rada), à l’occasion d’une réunion en ligne avec Ruslan Stefanchuk, le président du Parlement national ukrainien, et une vingtaine de présidents de parlements nationaux.
Depuis Marseille, où elle participait au 9e Sommet des villes et des régions (voir autre nouvelle), Mme Metsola a rappelé, durant cette réunion, qu'un des objectifs majeurs de l'invasion russe était de cibler et de paralyser les institutions démocratiques de l'Ukraine.
Pour la présidente du PE, l’objectif est, par conséquent, d'aider l'Ukraine à sauvegarder ses institutions démocratiques, qui sont « confrontées à une menace existentielle ». « Nous devons renforcer leur résilience, en coopérant notamment dans les domaines de la cybersécurité, de la communication stratégique et des menaces hybrides, y compris la lutte contre la désinformation », a-t-elle souligné, selon un communiqué de presse.
Le président de la Rada, Ruslan Stefanchuk, a pressé les participants de cesser tout contact avec des députés russes, notamment les membres des délégations parlementaires russes au sein d'organisations internationales, afin d'isoler davantage la Russie. Il a plaidé pour des sanctions accrues visant Moscou, telles que l'augmentation du nombre de banques russes exclues du système Swift de messagerie interbancaire, un embargo sur des matières premières russes et l'ouverture de corridors humanitaires pour l'évacuation des civils.
La réunion, qui a duré environ une heure, a été organisée à l’initiative de la présidente du PE. L’objectif était d’établir les priorités et les besoins de la Rada dans le cadre du conflit russo-ukrainien et aussi de fournir « un environnement virtuel sûr » pour que le Parlement ukrainien puisse poursuivre son travail parlementaire et pour assurer les échanges entre le Parlement européen et la Rada, a expliqué une source.
Le deuxième objectif était de mieux coordonner les parlements nationaux en vue de soutenir plus efficacement la Rada et d’accorder les messages des parlements nationaux, a-t-elle expliqué durant un point presse.
Interrogée par EUROPE sur le risque de donner de faux espoirs d’adhésion à l’Ukraine (EUROPE 12901/1), Mme Metsola a rétorqué que tous les États dans le monde pouvaient soumettre une demande d’adhésion, comme dans le cas de la Géorgie ou de la Moldavie (EUROPE 12903/11).
« Il est important pour nous de dire à l'Ukraine qu'elle doit se tourner vers l'Europe et non vers l'extérieur », a-t-elle déclaré, assurant que le Parlement européen allait suivre et continuer de soutenir la procédure d’adhésion.
Quant à la création d’un fonds ou de lignes de financement européen pour soutenir l’Ukraine, la présidente a dit qu’aucune option ne devait être exclue au vu de la situation.
Toujours en réponse à EUROPE, la présidente a confirmé que la procédure d’infraction contre la Pologne en matière d’État de droit devait continuer, étant donné qu’il faut protéger l’État de droit partout où il est menacé. (Pascal Hansens, Camille-Cerise Gessant, Lionel Changeur et Mathieu Bion)