La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a rencontré les eurodéputés lors de la première réunion du comité spécial chargé de tirer les enseignements de la réponse européenne à la Covid-19 et fait plusieurs annonces concrètes.
Elle leur a dressé un état des lieux des faiblesses structurelles européennes qui ont émergé en début de pandémie. Défaut de préparation et manque de coordination des États membres, défaut d’investissements dans la résilience des systèmes de santé, gestion limitée au niveau domestique... Les États membres ont connu des obstacles pour acquérir des équipements sur des marchés alors tendus. Pour Mme Kyriakides, cela s'est traduit par un impact sur le marché unique et des pressions sur les citoyens.
La commissaire a rappelé les éléments clés de la réponse européenne à la crise : la stratégie vaccinale initiée en juin 2020, les « voies vertes » prioritaires, le certificat numérique Covid européen, le lancement du programme EU4Health, l'Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d'urgence sanitaire, le renforcement du mandat de l’EMA et de l’ECDC...
Elle a évoqué de nombreux sujets avec les députés : la perte de biodiversité, la santé mentale - une priorité de EU4Health - et s’est dite consciente de l’impact de la Covid-19, particulièrement pour les plus jeunes. Plusieurs initiatives ont été amorcées.
La commissaire a annoncé qu’un panel d’experts sur la Covid-19 avait été saisi de la question de la Covid longue. Un rapport sera publié en fin d’année, ce dont s’est réjouie Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française) avec qui la commissaire a évoqué les initiatives relatives aux maladies non transmissibles.
Sara Cerdas (S&D, portugaise) ayant plaidé pour une approche sensible au genre, Mme Kyriakides a souligné la publication de la communication CARE en septembre, qui intégrera cette question.
En réponse à Tomislav Sokol (PPE, croate), elle a assuré que la Commission européenne travaillait pour tirer les enseignements de la stratégie vaccinale et des achats groupés d’équipement et de médicaments afin de faciliter à l’avenir l’accès des citoyens à d’autres types de médicaments, y compris des traitements innovants. La stratégie pharmaceutique européenne doit être dévoilée fin 2022.
Interrogée sur la transparence des contrats vaccinaux, Mme Kyriakides a affirmé que la Commission européenne avait recherché la transparence maximale, limitée cependant par des obligations contractuelles de confidentialité. Selon la commissaire, si la Commission n’avait pas souscrit à ces obligations de confidentialité dans un contexte de marchés tendu, l’UE aurait connu des difficultés d'accès aux vaccins.
Répondant à Michèle Rivasi (Verts/ALE, française), la commissaire a rappelé que les États membres n’avaient aucunement été contraints à des achats de vaccins, qu’ils étaient tous représentés au sein du comité de pilotage et impliqués dans les négociations vaccinales.
Stella Kyriakides a évoqué la tenue de discussions avec Pfizer-BioNTech et Moderna pour gérer les surplus de vaccins 'Covid-19' tout en s’assurant que les États membres disposent de doses suffisantes en cas de nouvelle vague épidémique cette année ou début 2023.
Un accord a déjà été trouvé avec Pfizer-BioNTech pour rééchelonner la livraison des vaccins vers la fin du troisième et au quatrième trimestre 2022. Ces livraisons pourraient inclure des vaccins adaptés à de nouveaux variants préoccupants, si ceux-ci sont disponibles et autorisés. Des contacts ont été établis pour assurer une flexibilité maximale des livraisons en 2023 et 2024, prenant en compte la capacité d’absorption des États membres.
Au chapitre international, la commissaire a rappelé le lien étroit établi avec l’OMS, mais a plaidé pour une OMS au potentiel adapté aux enjeux. Le défi pour l’UE se serait déplacé de la question de l'approvisionnement en vaccins à un soutien aux pays tiers pour l’absorption des vaccins.
Enfin, Kathleen Van Brempt (S&D, belge), présidente de la commission spéciale, a annoncé la désignation comme rapporteur de Dolors Montserrat (PPE, espagnole). Elle a requis un échange de vues avec les commissions parlementaires dont les compétences sont proches de la nouvelle commission spéciale.
Certains groupes politiques n’ont pas encore de coordinateur désigné.
Le programme de travail doit être finalisé, mais les commissaires européens Thierry Breton et Paolo Gentiloni devraient être conviés par la commission spéciale avant la pause estivale. (Émilie Vanderhulst)