Les ministres européens des Finances débattront, lundi 14 mars, de la coordination des politiques budgétaires et du parachèvement de l'union bancaire en zone euro.
À dix-neuf, les ministres tenteront d'élaborer une compréhension commune sur la situation macroéconomique caractérisée par une poussée continue de l'inflation nourrie par la flambée des prix énergétiques et une forte incertitude générée par l'invasion russe en Ukraine.
« Il y a de bonnes raisons d'être optimistes » malgré l'incertitude très élevée et l'augmentation des risques à la baisse, a indiqué une source européenne, jeudi 10 mars. Selon elle, le risque de « stagflation » n'est pas en train de se matérialiser, notamment parce que l'économie européenne continue de croître, certes à un rythme moins élevé en raison notamment des restrictions sanitaires liées à la lutte contre la pandémie de Covid-19 et d'une offre ne suivant pas la demande. Et de souligner l'importance d'être prêts à réajuster les politiques budgétaires en fonction des tensions géopolitiques et de l'impact sur l'économie européenne des sanctions internationales visant la Russie.
Ces discussions alimenteront l'élaboration des programmes nationaux de stabilité et de réforme que les États membres doivent produire au printemps et les préparatifs des projets de budget pour l'année prochaine.
La Commission européenne préconise que l'orientation budgétaire pour 2023 soit globalement neutre dans l'UE (EUROPE 12902/18), après une orientation fortement expansive en 2021 et modérément expansive pour 2022. Elle n'écarte pas la possibilité de reporter après janvier 2023 la désactivation de la clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité et de croissance, à la lumière des prévisions économiques de printemps attendues en mai.
Grèce. Lundi, l'Eurogroupe sera informé du treizième rapport de surveillance de la Grèce qui adresse un satisfecit sur la politique budgétaire et économique de la Grèce (EUROPE 12898/19). Il est à noter que, d'ici à fin juin, il devra déterminer quel type de surveillance post-plan de sauvetage sera en place après quatre années de surveillance budgétaire rapprochée (EUROPE 12305/8).
Cette source s'est dite confiante qu'une solution satisfaisante sera trouvée sans trop de difficultés.
MES. L'Eurogroupe initiera, lundi, le processus devant conduire à la nomination du successeur de Klaus Regling à la tête du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro. Une décision est espérée en mai en vue d'une entrée en fonction en octobre du successeur de M. Regling, qui arrive au terme de son deuxième mandat.
Union bancaire. À vingt-sept, les ministres feront le point sur les travaux techniques relatifs au parachèvement de l'union bancaire, un dossier prioritaire pour le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe.
D'après cette source, M. Donohoe dispose désormais d'une « vision claire » sur les contours du programme de travail que l'Eurogroupe adoptera en juin pour mener à bien ce dossier. Lundi, il ne mettra pas sur la table un projet de programme de travail, mais énoncera un ensemble de principes qui guideront les travaux futurs. Figurent parmi ces principes la mise sur pied d'une garantie européenne des dépôts, l'amélioration de la gestion de crise financière, une intégration accrue du secteur bancaire européen, le traitement de l'exposition des banques aux risques souverains.
Sur la garantie des dépôts bancaires, un processus par étapes est prévu avec, dans un premier temps, la fourniture de liquidités et, une fois que certaines conditions auront été atteintes, l'introduction graduelle d'un partage des pertes.
« C'est clairement l'objectif », a dit cette source européenne.
Ces discussions ministérielles sur l'union bancaire seront reprises dans la lettre que M. Donohoe adressera aux dirigeants de la zone euro qui se réuniront en marge du Conseil européen de jeudi 24 et vendredi 25 mars. (Mathieu Bion)