La Commission européenne a décidé, vendredi 11 mars, d’ouvrir une enquête formelle en matière de pratiques concurrentielles afin de déterminer si un accord entre Google et Meta (anciennement Facebook) concernant les services d'affichage publicitaire en ligne a pu enfreindre les règles de concurrence de l'Union.
Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive responsable de la Politique de concurrence, a estimé que par l'accord dit ‘Jedi Blue’ entre Google et Meta, une technologie concurrente de l'Open Bidding de Google a pu être ciblée dans le but de l'affaiblir et de l'exclure du marché de l'affichage d'annonces publicitaires sur des sites web et des applications d'éditeurs. « Si notre enquête le confirme, cela restreindrait et fausserait la concurrence sur le marché déjà concentré des technologies publicitaires au détriment de technologies de diffusion d'annonces publicitaires concurrentes, des éditeurs et, en fin de compte, des consommateurs », selon Mme Vestager.
Google fournit des services de technologie publicitaire qui jouent un rôle d'intermédiation entre les annonceurs et les éditeurs par la vente aux enchères en temps réel d'espaces d'affichage publicitaire en ligne sur des sites web ou des applications mobiles, notamment au travers de son programme ‘Open Bidding’.
Meta fournit des services d'affichage publicitaire en ligne et, par l'intermédiaire de son ‘Meta Audience Network’, participe à des enchères pour des espaces publicitaires d'éditeurs tiers en utilisant les services de technologie publicitaire de Google et de concurrents.
L'enquête de la Commission porte sur un accord de septembre 2018 entre Google et Meta ('Jedi Blue'), concernant la participation de l'Audience Network de Meta au programme Open Bidding de Google.
La Commission craint que l'accord ne s'inscrive dans le cadre d'efforts visant à exclure les services de technologie publicitaire concurrents du programme Open Bidding de Google et, partant, à restreindre ou à fausser la concurrence sur les marchés de l'affichage publicitaire en ligne.
Si elles sont avérées, les pratiques faisant l'objet de l'enquête pourraient constituer des infractions aux règles de l'Union concernant les accords anticoncurrentiels entre entreprises [article 101 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE)] et/ou les abus de position dominante (article 102 du TFUE).
L'ouverture d'une enquête formelle ne préjuge pas de son issue.
L'autorité britannique de la concurrence (Competition & Markets Authority, CMA) a ouvert sa propre enquête sur l'accord entre Google et Meta. Comme il est d'usage, la Commission a été en contact avec la CMA et a l'intention de coopérer étroitement à cette enquête conformément aux règles et procédures applicables. (Lionel Changeur)