Les eurodéputés de la commission de la culture et de l’éducation (CULT) ont tenu une première discussion, lundi 25 octobre, sur les propositions de la Commission concernant l’Année européenne de la jeunesse 2022 (EUROPE 12791/9).
La Commission a en effet présenté à la mi-octobre un projet de décision sur le sujet (EUROPE 12812/1), qui devra être approuvé par les colégislateurs d’ici la fin du mois de décembre.
Ce délai particulièrement court « irrite » au sein du Parlement et a contraint la commission CULT à arrêter sa position au moyen d’une procédure législative simplifiée (Art. 52.2 du règlement intérieur).
La présidente de la commission, Sabine Verheyen (PPE, allemande), a annoncé lundi qu'elle rédigerait donc elle-même une série d’amendements, avec l'aide des coordinateurs. Ces amendements devraient être communiqués à l'ensemble de la commission CULT d'ici mercredi.
Mme Verheyen a notamment promis qu’elle tenterait d’obtenir un budget plus important et a insisté sur le fait que cette initiative devrait être un « tournant pour la jeunesse européenne, tant au niveau de la participation que de la prise en compte des intérêts des jeunes dans tous les domaines politiques ». Deux revendications également portées par les coordinateurs des différents groupes.
Budget. S’agissant des financements, la Commission européenne prévoit d'allouer environ 11 millions d’euros au projet, dont quelque 8 millions provenant des budgets d'Erasmus+ (EUROPE 12622/27) et du Corps européen de solidarité (EUROPE 12622/28).
Les eurodéputés s'étaient pourtant ouvertement opposés à ce que ces programmes soient privés de quelques millions au profit d’une initiative annoncée sur le tard (EUROPE 12809/18). Ils ont réitéré ces critiques lundi, plaidant également pour que la Commission mobilise encore davantage.
« D’autres programmes seront mis à contribution. Nous sommes en train de discuter à tous les niveaux pour nous assurer que nous pourrons avoir un effort horizontal au sein de la Commission », a réagi Sophia Eriksson Waterschoot de la direction générale pour l’Education, la Jeunesse, le Sport et la Culture de la Commission.
Mme Eriksson Waterschoot a souligné que les chiffres avancés étaient purement indicatifs et qu'ils devraient être revus à la hausse.
Participation. Par ailleurs, les coordinateurs ont insisté sur l'importance d'intégrer les jeunes à l’initiative - notamment les jeunes de tout âge (y compris les enfants et les adolescents) et issus de pays tiers ou voisins.
Plusieurs voix se sont en outre élevées pour réclamer des garanties quant à l'inclusion des jeunes issus de milieux moins favorisés et vivant dans des zones reculées ou rurales.
La coordinatrice socialiste, Petra Kammerevert (allemande), a également requis des dispositions contraignantes sur la participation des jeunes. « Il faut qu’il y ait une plus grande obligation de reprendre leurs propositions », a-t-elle insisté, appelant à ce que les jeunes soient associés à l’ensemble du processus.
La Commission a lancé vendredi dernier une enquête en ligne à cet égard (EUROPE 12818/27). En réponse aux inquiétudes du groupe Renew Europe, Sophia Eriksson Waterschoot a précisé que l’enquête serait accessible dans toutes les langues de l’UE à compter de mardi 26 octobre. (Agathe Cherki)