Le projet de faire de 2022 l’Année européenne de la jeunesse (EUROPE 12791/9) se concrétise : la Commission européenne a publié, jeudi 14 octobre, sa proposition sur le sujet. Celle-ci devra encore être approuvée par les eurodéputés et le Conseil de l'UE pour pouvoir être mise en œuvre – idéalement dès le premier janvier prochain.
« L'objectif général de l'Année européenne de la jeunesse est de stimuler les efforts déployés par l'Union, les États membres et les autorités régionales et locales pour honorer et soutenir la jeunesse et s'engager avec elle dans une perspective post-pandémique », détaille la Commission dans sa proposition.
L’institution précise que les transitions verte et numérique devront être placées au cœur de la démarche. Elle appelle à garantir que les jeunes issus de milieux défavorisés ou appartenant à des « groupes vulnérables » soient intégrés à ce projet et à toutes les initiatives associées. Elle souligne, enfin, que cette année devra être l’occasion de « promouvoir » des opportunités, notamment professionnelles, pour les jeunes.
Elle détaille ensuite quelques mesures à mettre en œuvre – aux niveaux européen, national, régional, local, voire dans les pays partenaires – pour concrétiser ces objectifs.
Elle suggère notamment que des moyens soient investis pour améliorer les outils et programmes existants qui permettent aux jeunes d’atteindre les décideurs politiques.
La Commission appelle également à entreprendre des études et des recherches sur la situation des jeunes dans l'Union et à produire « des statistiques européennes harmonisées » susceptibles d’être largement diffusées.
À cela s’ajoutent les traditionnelles suggestions : organiser des conférences, des manifestations, des campagnes d’informations, promouvoir des programmes, des possibilités de financement, des actions présentant un intérêt pour les jeunes.
La Commission n’entre pas beaucoup plus dans les détails, mais souligne que les institutions européennes et les Vingt-sept peuvent également identifier d’autres activités et lui en faire part.
Coordinateurs nationaux
Chaque État membre devra en outre désigner des coordinateurs nationaux chargés de chapeauter la mise en œuvre d’activités liées à l’Année européenne dans leur pays.
« Ils veillent également à la participation et à l'engagement actifs des jeunes et des organisations de jeunesse de la société civile dans la mise en œuvre des activités de l'Année », précise la Commission.
Ces coordinateurs seront convoqués à des réunions organisées par la Commission et auxquelles des représentants du Parlement européen pourront participer en tant qu’observateurs.
La Commission s’engage en outre à convoquer des réunions de parties prenantes et de représentants d’organisations pertinentes « afin de contribuer à la co-création et à la mise en œuvre de l'Année européenne au niveau de l'Union ».
Attentes
S’agissant du budget alloué au projet, les premières estimations de la Commission tournent autour de 11 millions d’euros. Elle propose notamment de piocher dans les enveloppes allouées aux rubriques 2 (Cohésion, résilience et valeurs) et 7 (Administration publique) du cadre financier pluriannuel.
Au sein de la rubrique 2, ce sont bien principalement les budgets « communication » du programme Erasmus+ (EUROPE 12622/27) et du Corps européen de solidarité (EUROPE 12622/28) qui devraient être mis à contribution, malgré les avertissements des eurodéputés (EUROPE 12809/18) et des organisations européennes représentant les jeunes.
« Nous espérons voir la Commission mobiliser un budget pour l'année qui proviendra d'une grande variété de sources, et pas seulement de réaffectations des programmes jeunesse existants, ce qui ne représenterait pas un progrès en matière de soutien aux jeunes », a ainsi réagi, jeudi 14 octobre, Anna Blackwell, de l’organisation European Youth Forum.
L’organisation plaide en outre pour que cette année européenne ouvre la voie à l’adoption de « politiques significatives qui auront un impact durable sur la vie et l'avenir des jeunes ».
Ses représentants, intervenus en début de semaine au Parlement européen sur le sujet, ont notamment prôné l’interdiction des stages non rémunérés dans l'UE et appelé à collecter davantage de données sur les jeunes, sans se limiter à des indicateurs économiques.
Pour consulter la proposition de la Commission : https://bit.ly/3j1nRim (Agathe Cherki)