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Bulletin Quotidien Europe N° 12812
POLITIQUES SECTORIELLES / Alimentation

Les Verts au PE fustigent la tentative du lobby agro-industriel de torpiller la stratégie 'de la ferme à la table' en amont du vote en plénière

À quelques jours du vote du Parlement européen sur la 'Stratégie 'de la ferme à la table' (F2F) pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement', le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a fustigé, jeudi 14 octobre, les tentatives du Copa-Cogeca de torpiller cette stratégie présentée en mai 2020 dans le cadre du 'Pacte vert européen'.

En cause : les révélations du journal Le Monde selon lesquelles le Copa-Cogeca chercherait, par un lobbying ciblé, à obtenir le report du vote en novembre, et un amendement de 66 députés (PPE, Renew Europe et S&D) demandant la prise en compte de l'étude du Centre commun de recherche (CCR) de l'UE sur l'impact de la stratégie sur l'agriculture. Lien vers l'amendement : https://bit.ly/3vc2Kym

Le vote en session plénière est prévu mardi 19 octobre à Strasbourg sur le rapport conjoint de Anja Hazekamp (GUE/NGL, néerlandaise) et Herbert Dorfmann (PPE, italien), qui avait fait l'objet d'un compromis des groupes PPE, S&D, Renew Europe, CRE, Verts/ALE au sein des commissions parlementaires de l'environnement (ENVI) et de l'agriculture (AGRI) (EUROPE 12787/16). 

S’exprimant jeudi en visioconférence, Benoît Biteau (Verts/ALE, français), rapporteur fictif sur la PAC pour son groupe au sein de la commission de l'agriculture (AGRI), a insisté sur l’importance que soit conservée la cohérence entre la stratégie F2F et la stratégie de l’UE pour la biodiversité, qui toutes deux imposent une trajectoire contraignante de réduction de 50% des pesticides à l’horizon 2030, encouragent à développer l'agriculture biologique et à créer des zones sanctuaires pour la biodiversité.

« Il existe un lobbying important piloté par le Copa-Cogeca pour enterrer la stratégie. On assiste à la réapparition de vieux poncifs : le risque d’affamer la planète, d’appauvrir les paysans, d’importer des produits ne répondant pas aux normes européennes. Or, une agriculture qui se réinvente par l’agroécologie est plus productive », a-t-il déclaré à la presse, invitant ses collègues « à ne pas avoir peur ».

Selon lui, l'étude du CCR ne peut servir d'étude d'impact, puisqu'elle utilise les méthodes CAPRI « qui ne sont pas les bons indicateurs pour évaluer la stratégie F2F ».

Et de citer une étude de juillet de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI, Paris) qui montre qu’avec une approche globale des pratiques agricoles, de la consommation et du commerce, on peut participer à la préservation de la biodiversité et de la santé, tout en assurant des revenus satisfaisants aux paysans. Voir l'étude : https://bit.ly/3v9C9SJ  

La veille, l'Allemand Martin Haüsling (Verts/ALE) avait accusé l'agro-industrie d'ignorer le changement climatique et de vouloir que les affaires continuent comme avant.

« Le Copa-Cogeca et les entreprises agroalimentaires impliquées dans l'organisation, comme l'association industrielle allemande Agrar IVA, ne veulent tout simplement pas comprendre les défis de l'époque », avait-il souligné, parlant de « déni de réalité ».

 Et d'ajouter : « Selon moi, il n'existe actuellement aucune alternative à la stratégie 'de la ferme à la table', qui est le volet agricole du Green Deal. Le changement climatique, la protection de la santé et la conservation de la biodiversité exigent des changements radicaux »(Aminata Niang)

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