L'eurodéputé Herbert Dorfmann (PPE, italien) a déposé, mercredi 13 octobre, un amendement en vue du vote en plénière de la semaine prochaine sur la stratégie ‘de la ferme à la table’, mentionnant, dans un considérant, les analyses notamment du Centre commun de recherche, qui concluent que la mise en œuvre des objectifs chiffrés de la stratégie aurait un « impact substantiel » sur la production agricole dans l’UE (voir autre nouvelle).
L’amendement (https://bit.ly/3BHXuVU ), soutenu par des eurodéputés d'autres groupes (dont Renew Europe), souligne la nécessité de publier des études d’impact et de « prendre en compte les effets cumulés » de la stratégie.
Dans ce contexte, les premiers résultats, publiés mercredi, de l’étude de l’université de Wageningen (Pays-Bas) réalisée à la demande de Croplife Europe, évoquent l’impact significatif de la stratégie ‘de la ferme à la table’ sur les rendements agricoles.
Johan Bremmer, l’un des auteurs du rapport de Wageningen, a expliqué que les pertes étaient estimées entre 7 et 50% lorsque les objectifs de réduction d’utilisation des pesticides, des fertilisants et des terres agricoles étaient inclus (mais pas les objectifs d’extension des surfaces en bio). Dans un autre scénario portant sur le déploiement de l’agriculture biologique, il évalue la baisse de la production à moins de 10% et la hausse des prix jusqu’à 13%.
Tenir compte des défis, selon le commissaire à l'Agriculture. Lors de la conférence sur cette stratégie, organisée jeudi 14 et vendredi 15 octobre, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a estimé que les objectifs de la stratégie étaient « ambitieux, mais réalisables. Certaines études récentes, y compris celle du Centre commun de recherche, l’ont montré ». Le commissaire a cependant admis que « ces études ont également épinglé certains défis à relever. Il est important de tenir compte pleinement de ces défis. Nous faisons un grand pas, et nous devons regarder avant de sauter ».
Et le commissaire d'ajouter : « Nous devons également nous rappeler les graves défis auxquels nous serons confrontés si nous ne mettons pas en œuvre cette stratégie - pour notre environnement, notre secteur agricole et notre société ».
Via Campesina soutient la stratégie. Par ailleurs, alors que les critiques sur cette stratégie fusent dans le monde agricole (EUROPE 12810/9), la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) a envoyé, mercredi 13 octobre, une lettre (https://bit.ly/3aFn41T ) à la Commission dans laquelle elle estime que la stratégie 'de la ferme à la table' « est un premier pas prometteur vers une approche plus holistique de l’agriculture, qui prenne en compte les aspects de santé publique liés à l’alimentation et les enjeux sociaux et environnementaux de la production agricole ». ECVC soutient les objectifs de la stratégie, mais insiste sur le besoin de mettre en place des outils de régulation solides. « Sans cela, les objectifs de la stratégie ne pourront pas être atteints », conclut Via Campesina.
Lien vers le projet de rapport du PE déposé : https://bit.ly/3FHShjn (Lionel Changeur)