Si la discussion des 27 chefs d’État ou de gouvernement des États membres sur la hausse des prix de l’énergie n’a débouché sur aucune annonce significative à l’issue du Conseil européen des 21 et 22 octobre, le débat aura néanmoins permis de constater un soutien grandissant à l’énergie nucléaire parmi les États membres, y compris pour son inclusion dans la taxonomie de l’UE.
« Jamais au Conseil européen un soutien clair et aussi large depuis plus de quatre ans n’a été manifesté pour soutenir le recours à l’énergie nucléaire », a ainsi déclaré le Président français, Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse en aval du sommet.
« À l’exception d’un nombre d’États membres inférieur aux doigts d’une main, tous les autres ont demandé à la Commission européenne qu’elle présente rapidement cet acte délégué », a-t-on également appris d’une source de l’Élysée.
D’après cette même source, la nécessité pour la Commission de présenter l’acte délégué sur le gaz et le nucléaire a même figuré temporairement dans le texte des conclusions préparé par le Conseil européen.
Bien que cette phrase n'apparaisse finalement pas dans les conclusions adoptées (EUROPE 12817/1), le texte insiste désormais sur l’importance de « tenir compte de la diversité et de la spécificité de la situation des États membres ».
Selon M. Macron, la Commission aurait en outre rappelé son engagement à présenter l’acte délégué d’ici la fin de l’année, contrairement à ce que de récentes déclarations de la commissaire aux Services financiers, Mairead McGuinness, laissaient penser (EUROPE 12816/19).
Lors de la discussion entre les Vingt-sept, les Pays-Bas auraient exprimé leur soutien à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie de l’UE, rejoignant ainsi une dizaine d’autres pays, dont la France (EUROPE 12810/24).
L’Irlande, la Lettonie et la Suède, quant à elles, auraient indiqué qu’elles considèrent le nucléaire comme une source d’énergie de transition.
D’après nos informations, la Grèce aurait déclaré qu’il serait bénéfique pour l’UE d’avoir du nucléaire dans son mix énergétique.
En revanche, le Luxembourg et l’Autriche auraient rappelé leur opposition au nucléaire, jugeant cette énergie risquée et chère. À son arrivée au sommet, le nouveau chancelier autrichien, Alexander Schallenberg, avait d’emblée insisté sur le fait que la flambée actuelle des prix de l’énergie ne devait pas rendre l’énergie nucléaire « attrayante ».
Interrogée sur le sujet à l’issue du sommet, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a tenu à clarifier qu’il n’y avait pas d’accord au sein du Conseil européen pour inclure le nucléaire dans la taxonomie. Elle a également rappelé qu’elle ne partageait pas la position de la France en ce qui concerne l’atome.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, quant à elle, a mentionné le sujet spontanément lors de la conférence de presse clôturant le sommet : « Il est évident que nous avons besoin de plus d’énergies renouvelables et d’énergies propres (...) Parallèlement, nous avons besoin d’une source stable, le nucléaire, et, pendant la transition, bien sûr, le gaz naturel ».
Elle a ensuite assuré que la Commission allait présenter un acte délégué, sans toutefois préciser de date. (Damien Genicot avec la rédaction)