Les ministres de l’Agriculture des États membres de l’Union européenne se sont montrés partagés, mardi 12 octobre à Luxembourg, sur l’ampleur et le rythme de la révision de la législation européenne encadrant le bien-être animal.
Soutenu par les délégations belge, allemande, néerlandaise et suédoise, le Danemark a proposé une révision législative ambitieuse dans ce domaine et basée sur des preuves scientifiques.
Ces pays souhaitent notamment que certains aspects concernant les animaux de compagnie (chiens et chats) soient inclus dans la future législation. Ils prônent une nouvelle législation couvrant le bien-être des porcs, des poules pondeuses, des poulets de chair, des veaux, des vaches laitières, des lapins et des dindes.
La révision de la législation de l'UE sur le transport et l'abattage des animaux est importante également, selon ces cinq pays (EUROPE 12808/13).
L’Italie a accueilli favorablement ces demandes. Elle a défendu, comme l’Espagne, l’instauration d’un étiquetage certifiant le bien-être animal.
L’Autriche a aussi soutenu les requêtes de ce groupe de pays.
Périodes transitoires, soutiens et études d'impact. Plusieurs États (Malte, la Grèce et la Slovaquie, notamment) ont demandé de prévoir des périodes transitoires avant les nouvelles règles et des aides pour les agriculteurs. La France aussi a plaidé pour des mesures d’accompagnement et de soutien et pour des outils de formation pour les éleveurs.
La Slovaquie, la Hongrie, la République tchèque et la France ont demandé aussi que la Commission européenne, qui présentera en 2023 ses propositions législatives sur le bien-être animal, publie des études d’impact préalables. La France a notamment demandé une évaluation par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de la capacité, pour la filière, à s’adapter dans le temps aux nouvelles exigences.
La France, la Hongrie, la République tchèque et la Grèce ont réclamé, enfin, que les produits agricoles importés de produits tiers respectent des règles équivalentes en matière de bien-être animal que les produits de l’UE.
Janusz Wojciechowski, le commissaire européen à l’Agriculture, a indiqué qu’une étude d’impact avait été publiée le 6 juillet dernier.
Il a aussi évoqué l’initiative citoyenne européenne (ICE) visant à supprimer les cages dans l’élevage.
La Commission a chargé l’EFSA de lui fournir une étude sur les porcs, les veaux les oiseaux domestiques et les poules pondeuses. « Petit à petit, nous allons rédiger des normes de bien-être pour ces espèces, au fur et à mesure que nous recevrons les éléments scientifiques », a dit le commissaire.
Lien vers les demandes du Danemark et des autres pays concernés : https://bit.ly/3DmGXXU (Lionel Changeur)