À moins de 24 heures de l'inauguration du 'Conseil UE-États-Unis pour le commerce et les technologies' (TTC), la déclaration conjointe censée être publiée à l'issue de la réunion n'avait toujours pas été approuvée par les États membres, mardi 28 septembre. D'après une source européenne, la France s'est opposée à plusieurs formulations du texte, notamment à propos de la mention d'un partenariat transatlantique sur les semi-conducteurs, ainsi que sur la prochaine réunion du TTC au printemps prochain.
Dans l'attente des premiers travaux et de la déclaration en question, les acteurs des deux côtés de l'Atlantique formulent déjà leurs attentes par rapport au TTC.
Du côté du Parlement européen, nombreux sont les députés à se réjouir de cette initiative. Ils se montrent toutefois prudents quant aux résultats espérés. Pour le Président de la commission du commerce international, Bernd Lange (S&D, allemand), la confiance est loin d'être gagnée (voir autre nouvelle).
Son collègue Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand), s'est montré plus enthousiaste. Il voudrait même voir ces travaux étendus vers d'autres partenaires : « Les activités du TTC doivent également être coordonnées avec un plus grand nombre de partenaires, en particulier le Japon, l'Inde, le Royaume-Uni et le Canada », a-t-il indiqué.
Des engagements attendus
Du côté des entreprises, les attentes sont très hautes également. Des deux côtés de l'Atlantique, on se réjouit des travaux du TTC, mais on espère voir rapidement des travaux et des résultats concrets.
La chambre de commerce américaine AmCham souhaite avoir des explications claires sur les activités des groupes de travail. Elle voudrait également pouvoir faire entendre sa voix à travers un mécanisme spécifique. Sur ce dernier point, la Commission avait donné quelques pistes de réflexion pour aller dans cette direction (EUROPE 12799/18).
À côté des travaux prévus par les différents groupes de travail, AmCham réclame un « engagement accru au plus haut niveau pour fournir une vision et une direction politique ». Parmi les sujets non prévus à l'agenda du TTC, mais qui devraient être traités en urgence, selon AmCham, figure la résolution du conflit autour des tarifs sur l'acier et l'aluminium.
De nombreuses autres voix se sont exprimées dans ce sens ces derniers jours, notamment le représentant des entreprises européennes BusinessEurope. L'organisation suggère d'établir un groupe de travail supplémentaire pour aborder le commerce bilatéral et traiter les questions d'accès au marché, et les irritants tels que les tarifs sur l'acier et l'aluminium.
Enfin, BusinessEurope recommande d'établir un groupe de travail sur le devoir de vigilance, dans la mesure où le sujet est traité des deux côtés de l'Atlantique. L'UE doit présenter en fin d'année une proposition législative à ce sujet, qui devra interdire les produits issus du travail forcé sur le marché européen. (Léa Marchal)