Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a critiqué, lundi 20 septembre, au nom de l’UE, la répression des voix critiques et indépendantes lors des élections législatives, régionales et locales russes du 17 au 19 septembre.
Sur plus de 99% des votes comptabilisés, le parti Russie Unie a recueilli près de 50% des voix aux élections législatives, devant le parti communiste (avec 19,41% de voix).
Estimant que la décision russe de limiter sévèrement la taille et le format d'une mission électorale internationale de l'OSCE/ODIHR avait empêché son déploiement, l'UE a pris note des sources indépendantes et fiables faisant état de « violations graves ».
« Au cours de la période précédant les élections, les responsables politiques de l'opposition, les organisations de la société civile et les médias indépendants ainsi que les journalistes ont fait l'objet d'une répression accrue. Cela a eu pour effet de limiter le choix des électeurs russes et leur capacité à obtenir des informations complètes et précises sur les candidats », s’est inquiété le Haut Représentant.
Devant la presse, son porte-parole, Peter Stano, a estimé que « les élections ont eu lieu dans une atmosphère d'intimidation des voix critiques et indépendantes ».
Le Haut Représentant a appelé la Russie à respecter ses engagements pris dans le cadre des Nations Unies, de l'OSCE et du Conseil de l'Europe en matière de protection des droits de l'homme et des valeurs démocratiques.
L’UE a également rappelé qu’elle ne reconnaissait pas les élections en Crimée et à Sébastopol et dénoncé la participation des résidents des territoires non contrôlés par le gouvernement ukrainien, estimant que cela allait à l'encontre de l'esprit et des objectifs des accords de Minsk.
Alors que le Parlement européen avait appelé l’UE, jeudi 16 septembre, à ne pas reconnaître les élections, si celles-ci étaient considérées comme frauduleuses et menées en violation des principes démocratiques et du droit international (EUROPE 12792/8), M. Stano a rappelé que seuls les États membres pouvaient ou non reconnaître un scrutin. (Camille-Cerise Gessant)