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Bulletin Quotidien Europe N° 12787
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'institut monétaire recalibre à la baisse l'opération PEPP

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 9 septembre, de ralentir légèrement par rapport aux deux derniers trimestres le rythme d’achats massif de titres - surtout publics - dans le cadre de l'opération PEPP, estimant que ce recalibrage permet de préserver des conditions de financement favorables au sein de la zone euro.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a dépeint une reprise économique plus vigoureuse que prévu grâce aux campagnes de vaccination contre la Covid-19 qui contribuent à la réouverture de l'économie, notamment du secteur des services.

Même si la propagation du variant delta du virus Sars-Cov-2 alimente une dose d'incertitude, « l'impact de la pandémie est moins sévère », a-t-elle constaté, citant plusieurs voyants au vert comme la consommation des ménages et l'embellie sur le marché de l'emploi. Elle a indiqué que la croissance demeurera robuste au troisième trimestre et a noté que le PIB de la zone euro devrait retrouver son niveau d'avant-crise fin 2021, « soit deux trimestres plus tôt que prévu ».

Sur cette base, la BCE a revu à la hausse ses projections de croissance pour 2021, de 4,6% en juin à 5% (EUROPE 12738/24), tout en maintenant inchangées celles pour 2022 et 2023, à hauteur respectivement de 4,6 et 2,1%. Les risques pesant sur la croissance sont jugés globalement équilibrés.

« Nous approchons de la fin du tunnel. Mais nous ne sommes pas encore tirés d'affaire », a-t-elle toutefois nuancé, prônant le maintien d'un soutien budgétaire à l'économie « plus ciblé, plus chirurgical ». Le temps viendra d'un retour à la consolidation budgétaire une fois entérinée la réforme du Pacte de stabilité et de croissance, a-t-elle considéré.

Cette situation a un impact sur la hausse des prix, dont l'objectif symétrique est fixé à 2%. Selon l'institut monétaire, l'inflation devrait être légèrement plus élevée que ce qui était estimé précédemment et atteindre 2,2% en 2021, 1,7% en 2022 et 1,5% en 2023, alors que la trajectoire estimée en juin était 1,9%, 1,5% et 1,4%. La forte hausse des prix observée actuellement (3,0% en août) va s'estomper à moyen terme, estime la BCE, qui n'exclut toutefois pas une pression sur les prix qui proviendrait d'une pénurie de certains produits combinée à une hausse soutenue des salaires.

La présidente de la BCE n'a pas dit à quel niveau la BCE allait fixer son rythme mensuel d'achat au titre de l'opération PEPP. À l'heure actuelle, ce rythme est de 80 milliards d'euros à l'intérieur d'une enveloppe totale de 1 850 milliards d'euros programmée jusqu'à mars 2022. Ce rythme s'était accéléré au printemps pour réagir à une poussée de l'inflation (EUROPE 12676/28).

Mais Mme Lagarde a souligné que la décision du Conseil des gouverneurs, prise à l'unanimité, constituait un recalibrage de l'opération et non un désengagement progressif ('tapering'), alors que certains gouverneurs de banque centrale réclament déjà un tel virage. « The lady isn't tapering », a-t-elle dit.

Interrogée sur le délai nécessaire pour prévenir les marchés d'une stratégie de sortie de l'opération PEPP, l'ancienne directrice du FMI a indiqué que la réunion du Conseil des gouverneurs de décembre serait « intéressante ». « Nous devons discuter le calendrier et les modalités de ce calendrier » lors de cette réunion sur la base de données actualisées et de projections de croissance pour 2024.

Bâle III. Interrogé sur la lettre de la BCE demandant à la Commission européenne de maintenir le cap de la mise en œuvre de l'accord international renforçant les règles prudentielles bancaires, le vice-président de l'institut de Francfort, Luis de Guindos, a souligné l'importance d'appliquer « complètement » cet accord qui produira « de nombreux avantages pour les banques et l'économie ».

Une proposition de la Commission révisant les règles prudentielles bancaires et assurantielles est programmée pour début octobre. (Mathieu Bion)

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