La climatologue Valérie Masson-Delmotte a présenté aux eurodéputés, jeudi 9 septembre, les principaux résultats du premier volet du sixième rapport d’évaluation du ‘Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat’ (GIEC) publié le 9 août dernier. Durant son intervention, elle a appelé ces derniers à écouter les scientifiques.
« Je constate qu’il existe encore des discours de déni en ce qui concerne l’influence humaine et l’état des connaissances. Mais si vous ignorez le problème, il vous frappera davantage si vous n’êtes pas préparé et si vous n’utilisez pas les informations scientifiques », a ainsi prévenu Mme Masson-Delmotte, co-présidente du GIEC.
Mme Masson-Delmotte a souligné à plusieurs reprises l’une des conclusions principales du rapport, à savoir le lien désormais clairement établi entre l’activité humaine et le réchauffement climatique.
« Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres », a-t-elle ainsi indiqué dans sa présentation. Et d’ajouter : « La perturbation causée par l’activité humaine est sans précédent par rapport aux variations naturelles ».
Réagissant à la présentation du rapport, la majorité des eurodéputés ont salué le travail du GIEC.
Pour Nils Torvalds (Renew Europe, suédois), ce rapport démontre l’importance de convaincre les autres grandes économies d’en faire davantage pour le climat lors de la 26e Conférence des Parties des Nations unies sur le changement climatique (COP26), début novembre à Glasgow.
Selon Michael Bloss (Verts/ALE, allemand), en revanche, ce rapport est également « une gifle pour la politique climatique de l’UE » qui, actuellement, ne permettra pas de limiter le réchauffement à +2 °C.
Mick Wallace (La Gauche, irlandais), pour sa part, a rappelé les conclusions du GIEC concernant les émissions de méthane, selon lesquelles il faudra des actions fortes, rapides et durables de réduction des émissions de méthane, de CO2, mais aussi des autres gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement.
À propos du méthane, Mme Masson-Delmotte a précisé : « Si l’on observe la concentration de méthane dans l’atmosphère, on constate qu’elle augmente rapidement et encore plus rapidement ces six dernières années (…) Pour la croissance récente de la dernière décennie, nous concluons qu’à l’échelle mondiale, elle est largement due aux émissions des combustibles fossiles et à l’agriculture dominée par le secteur de l’élevage ».
Prévu pour février 2022, le deuxième volet du sixième rapport d’évaluation du GIEC portera sur les impacts du changement climatique, la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes par rapport à celui-ci, et les adaptations possibles pour faire face aux conséquences du changement climatique.
Le troisième volet relatif aux solutions à mettre en œuvre pour atténuer le changement climatique et ses effets – dont une version provisoire a récemment fuité dans la presse (EUROPE 12780/4) – est quant à lui attendu pour mars 2022. Il sera suivi par un rapport de synthèse des trois volets, prévu pour fin septembre 2022. (Damien Genicot)