Le groupe de scientifiques Scientist Rebellion a rendu public, le 24 août, une partie du rapport du troisième groupe de travail du ‘Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat’ (GIEC), dont la publication officielle est prévue pour mars 2022.
Abordant les solutions à mettre en œuvre pour atténuer le changement climatique et ses effets, le rapport du groupe 3 constitue l’un des trois volets formant le sixième rapport d’évaluation du GIEC sur l’état des connaissances en matière de changement climatique.
Les documents fuités soulignent notamment que l'objectif de l'Accord de Paris consistant à limiter le réchauffement de la planète à moins de 1,5°C ou 2°C par rapport aux niveaux préindustriels nécessite « des changements structurels fondamentaux à l’échelle mondiale », tout en mettant en garde contre les dangers d’une « action plus faible à court terme ».
Et d’ajouter : « Les voies permettant de limiter le réchauffement planétaire à moins de 2°C et 1,5°C impliquent des réductions rapides des émissions et une transformation fondamentale de tous les secteurs et de toutes les régions afin d’atteindre des émissions nettes de CO2 nulles à l’échelle mondiale, ainsi que des réductions importantes des émissions autres que le CO2 ».
Les documents indiquent également que « la demande d’énergie ne s’est découplée de la croissance économique qu’en termes relatifs et non en quantités absolues ». Questionnant la possibilité d’un découplage mondial entre la croissance des émissions et la croissance du PIB, le GIEC note qu’une « décarbonation substantielle du système énergétique n’a été perceptible qu’en Amérique du Nord, en Europe et en Eurasie, alors qu’au niveau mondial, la quantité de CO2 par unité d’énergie est pratiquement restée inchangée au cours des trois dernières décennies ».
Fin juin, une version provisoire du rapport du groupe 1 traitant de la compréhension physique du changement climatique – et officiellement publié le 9 août – avait également fuité dans la presse, provoquant la colère de certains scientifiques du GIEC.
De leur côté, les membres de Scientist Rebellion ont justifié cette nouvelle fuite de documents au motif que les gouvernements, soumis aux pressions de certaines industries telles que celles des combustibles fossiles, « vont probablement édulcorer les conclusions pendant le processus d’approbation intergouvernemental, avant la publication du rapport officiel ».
Le rapport du groupe 2 portant sur les impacts du changement climatique, la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes par rapport à celui-ci, et les adaptations possibles pour faire face aux conséquences du changement climatique, est, quant à lui, prévu pour février 2022.
En outre, un rapport de synthèse des trois volets est attendu pour fin septembre 2022.
Voir les documents révélés par Scientist Rebellion : https://bit.ly/3t4eMc1 (Damien Genicot)