Les ministres des Affaires étrangères européens se réuniront jeudi 2 et vendredi 3 septembre à Kranj (Slovénie) pour discuter de la situation en Afghanistan, mais aussi de l'approche de l'UE vis-à-vis des États du Golfe et les relations entre l'UE et la Chine.
Jeudi, les ministres débuteront leurs discussions par la situation en Afghanistan, qui va avoir des implications à long terme pour l’UE et la communauté internationale, selon une source européenne.
Bien que la discussion ait été planifiée avant la chute de Kaboul, elle devrait néanmoins permettre de faire le suivi de la réunion extraordinaire du 17 août.
Les ministres devraient se pencher sur les questions de la liberté de quitter le pays, de l’aide humanitaire, du futur de l’aide au développement, de la sécurité et de ce que la situation impliquera au niveau régional.
Selon une source européenne, le débat ministériel portera notamment sur les manières de s’engager avec les talibans. Des représentants de l’UE ont déjà des contacts politiques avec les talibans. Le niveau d’engagement de l’UE avec les talibans est soumis à conditions et dépendra de leur attitude et du respect de leur engagement à laisser partir ceux qui le souhaitent.
Un dialogue politique avec les talibans ne signifie pas une reconnaissance, a précisé, sur Twitter, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Selon la source européenne, la question d’une reconnaissance n’est pas encore à l’ordre du jour.
Vendredi, les ministres discuteront de la façon pour l’UE d’aborder la région du Golfe, qui a connu de nombreux développements l’an dernier, avec le rapprochement d’Israël avec certains de ces États, une amélioration des relations au sein du Conseil de coopération du Golfe ou encore des contacts entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. « L’UE veut coopérer avec les pays du Golfe afin d’avoir une approche plus régionale », a expliqué une source européenne.
Les ministres se pencheront aussi sur la relation avec la Chine. Il s’agit de leur première discussion depuis mars et en amont du Conseil européen d’octobre où la Chine devrait faire l'objet d'un débat. Le ministre lituanien pourrait évoquer avec ses homologues les tensions entre son pays et Pékin à la suite de la décision du pays d’ouvrir une représentation à Taïwan.
Par ailleurs, le même ministre pourrait informer ses homologues sur la situation migratoire à la frontière de son pays avec la Biélorussie, avec l’envoi de migrants et de réfugiés par le régime biélorusse.
À l'issue de la réunion, les ministres accueilleront pour un déjeuner de travail le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, pour discuter des relations avec la Chine, mais aussi de l’engagement de l’UE dans la région indo-pacifique. (Camille-Cerise Gessant)