L'industrie technologique mise gros sur le lobbying auprès des institutions européennes, affirment les ONG Corporate Europe Observatory et Lobbycontrol dans un rapport publié mardi 31 août.
Ainsi, 612 entreprises, groupes et associations d’entreprises ont été recensés dans le rapport entre 2019 et 2020. Celles-ci ont dépensé quelque 97 millions d’euros pour faire valoir leurs intérêts auprès de l’UE.
Près du tiers de ces dépenses - 32 millions d’euros - ont été réalisées par dix entreprises : Google, Facebook, Microsoft, Apple, Huawei, Amazon, IBM, Intel, Vodafone et Qualcomm.
Le rapport révèle également que près de 20% des entreprises ayant une activité de lobbying au sein des institutions européennes sont basées aux États-Unis. Les entreprises chinoises représentent moins de 1% des entreprises concernées.
Outre le lobbying à titre individuel, les entreprises regroupées en associations professionnelles et commerciales possèdent un budget dépassant celui de 75% des entreprises plus modestes de l’industrie numérique.
Ces sommes investies ouvrent des portes puisque, sur les 271 réunions tenues par des hauts fonctionnaires de la Commission européenne, 75% d’entre elles l’ont été en présence de lobbyistes du secteur. À ces occasions, les représentants des géants numériques Google et Facebook ont été les convives les plus souvent invités.
Par ailleurs, le rapport souligne que 14 groupes de réflexion et ONG ont des liens étroits avec des entreprises de l’industrie technologique. Sans parler des financements par les 'Big Tech' de PME et de startups.
Outre les financements, la participation d’experts issus de grandes entreprises du secteur technologique aux discussions politiques soulève des questions, notamment à l’heure où le paquet législatif sur les marchés numériques (EUROPE 12745/17) est sur la table du législateur européen.
« Nous avons besoin de plus d'experts indépendants dans le monde universitaire : même pour les législateurs, il est difficile de trouver des avis d'experts par des institutions académiques qui ne sont pas financées par les Big Tech », résume, et conclut, l’eurodéputée Alexandra Geese (Verts/ALE, allemande).
Voir le rapport : https://bit.ly/3yzWEIe (Thomas Mangin)