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Bulletin Quotidien Europe N° 12787
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Afghanistan

Selon Charles Fries, il reste encore plusieurs centaines d’Afghans qui ont collaboré avec l’UE à évacuer

Le Secrétaire général adjoint du Service européen pour l'action extérieure pour la politique de sécurité et de défense commune et la réponse aux crises, Charles Fries, a expliqué, jeudi 9 septembre, que 300 personnels afghans et les membres de leurs familles qui avaient collaboré avec la mission PSDC de l’UE en Afghanistan EUPOL – qui a fermé en 2016 – devaient encore être évacués.

Devant la sous commission ‘Sécurité et Défense’ du Parlement européen, M. Fries a expliqué qu’entre le 15 et le 30 août, une cellule de crise dédiée, rassemblant plus de 100 collaborateurs et une équipe de soutien à Kaboul avec trois officiers militaires avaient travaillé 24h sur 24 pour aider à l’évacuation de plus de 17 500 personnes : 4 100 ressortissants européens et 13 400 Afghans, parmi lesquels 440 membres du personnel de la délégation de l’UE et leurs familles et 75 contractants à risque.

« Les contingents italien, français, allemand et belge en particulier ont fourni un soutien critique pour l’évacuation », a expliqué le représentant du SEAE, ajoutant que la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark avaient aussi soutenu des transferts via Islamabad. Une équipe a aussi été déployée sur la base de Torejon, en Espagne, pour aider à la réinstallation du personnel local afghan.

Le secrétaire général adjoint a souligné que le pont aérien depuis Kaboul avait été la première opération de grande ampleur des avions A400M et A330 MRTT, utilisés « considérablement». « Ils ont été développés via la coopération européenne de défense et ont prouvé qu’ils étaient très efficaces. C’est quelque chose qu’on ne devrait pas sous-estimer », a-t-il expliqué.

Les Européens ont cependant été dépendants des Américains pour assurer les évacuations. « La nécessité d'une défense européenne n'a jamais été aussi évidente », a expliqué M. Fries. Il a donc mis en avant l’idée de la force de première entrée et a annoncé que l’UE travaillait à des incitations pour voir comment rendre plus facile l’usage des groupements tactiques (battle groups) qui n’ont jamais servis.

Plus largement, selon M. Fries, « l’Europe doit savoir parfois être carnivore, car si elle est herbivore, elle se fera manger par les grandes puissances ». Selon lui, s’il ne s’agit pas de faire de l’UE une alliance militaire, sans capacités militaires, celle-ci ne survivra pas sur la scène internationale, elle ne sera pas crédible et pas respectée.

Interrogé sur les conditions décidées par l’UE pour avoir une relation avec les talibans (voir autre nouvelle), M. Fries a expliqué que l’UE avait des leviers très importants. « Ce pays n’a plus d’argent, les fonds (à sa disposition) sont gelés. Le régime taliban, sauf à affamer sa population, va devoir tenir compte de son économie exsangue, de la sécheresse, de la Covid », a-t-il expliqué.

Ainsi, selon lui, « un rapport de force est en train de s’instaurer entre les talibans et la communauté internationale. Les talibans ont besoin de reconnaissance, d’argent, et nous avons un certain nombre de leviers à utiliser intelligemment ». (Camille-Cerise Gessant)

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