La commission de l'environnement et de la santé publique (ENVI) du Parlement européen a adopté, mardi 13 juillet, le projet de rapport de Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française) sur la proposition de règlement visant à renforcer la préparation de l'Union européenne aux menaces sanitaires transfrontières (EUROPE 12600/24).
Les eurodéputés plébiscitent l'approche multisectorielle 'One Health' reconnaissant que la santé humaine est liée à la santé animale et à l’environnement. Et au niveau international, un traité international permettrait d'améliorer la préparation et la réponse coordonnée aux futures pandémies au niveau international.
« Au-delà des maladies infectieuses, l’UE n’est aujourd’hui pas à l’abri d’une menace environnementale, alimentaire, biologique, chimique ou autre », a déclaré Mme Trillet-Lenoir, se félicitant du soutien unanime de la commission parlementaire, dans un communiqué.
Selon les députés, toutes les agences sanitaires au niveau de l'UE et national doivent être impliquées dans l’évaluation des risques inhérents aux menaces sanitaires transfrontalières. Jouant un rôle prépondérant en la matière, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) devrait suivre « l’impact des maladies transmissibles sur les maladies non transmissibles ou sur les personnes à risques, notamment les patients atteints de cancer », a indiqué le rapporteur.
L’ECDC renforcerait aussi sa communication en direction du public afin de mieux lutter contre la désinformation sur les questions sanitaires, ou 'infodémie'.
Tirant les leçons de la pandémie de Covid-19, les eurodéputés sont d'avis que les plans européen et nationaux de préparation aux crises doivent évaluer précisément les capacités de production de matériel médical et les risques de pénurie éventuels. Surtout, ils approuvent les procédures d'achats conjoints qui ont notamment permis à l'UE de se doter de doses de vaccins anti-Covid-19 en suffisance et à un coût raisonnable.
« Je soutiens pleinement la généralisation de la procédure d’achats conjoints de produits médicaux. L’UE est plus forte quand elle négocie d’une seule voix (...) avec les industriels. Cette négociation collective garantit un accès équitable, au même moment, à tous les citoyens européens », a estimé Mme Trillet-Lenoir, pour qui les achats conjoints devraient aussi être envisagés en dehors des menaces sanitaires.
Enfin, la commission parlementaire souhaite également renforcer le rôle du Parlement en lui octroyant une place d'observateur au sein du Comité de sécurité sanitaire.
Le rapport 'Trillet-Lenoir' devrait être voté lors de la session plénière de septembre. Au Conseil de l'UE, les discussions se poursuivent sur la base de projets de compromis soumis par la précédente Présidence portugaise (EUROPE 12750/7). (Mathieu Bion)