Le président du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine, Zoran Tegeltija, a estimé, mardi 13 juillet, que son pays devrait pouvoir obtenir prochainement le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne.
« Nous pensons que nous avons réalisé beaucoup de choses, notamment en 2020 et en 2021, nous sommes prêts à adopter des mesures suffisamment crédibles pour permettre à la Bosnie-Herzégovine d'obtenir le statut de candidat », a-t-il expliqué à l’issue du Conseil de stabilisation et d’association entre l’UE et la Bosnie-Herzégovine, le premier depuis trois ans.
Selon le président du Conseil des ministres, l’obtention de ce statut serait un signal positif pour la population selon lequel l’UE est avec elle, alors que la région se sent oubliée par l’UE.
Il a en outre estimé que son pays avait dû faire face à plus de conditions que les autres pays de la région pour obtenir le statut de candidat, ce que le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a nié.
Celui-ci s’est montré plus prudent : la Bosnie-Herzégovine doit remplir quatorze priorités essentielles avant que sa demande pour devenir pays candidat à l’adhésion ne soit examinée.
Le Haut Représentant a souligné l’engagement « sans équivoque » de l’UE en faveur de la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine « en tant que pays unique, uni et souverain » et l’engagement de l’UE de rester fermement à ses côtés. Selon lui, la Commission européenne est prête à tenir ses promesses envers le pays, à condition que celui-ci fournisse des résultats concrets dans la réalisation des priorités essentielles, « y compris sur le statut de candidat ».
M. Borrell a encouragé le pays des Balkans occidentaux à profiter des derniers mois de 2021 – année non électorale – pour avancer dans les réformes. « Nous attendons de la Bosnie-Herzégovine qu’elle utilise les mois à venir pour démontrer qu’elle prend au sérieux l’intégration européenne », a-t-il expliqué.
Le Haut Représentant a notamment mis en avant les réformes électorale, du secteur judiciaire et de la Constitution. À ce titre, M. Tegeltija a annoncé que son pays se préparait à adopter une nouvelle réforme électorale, qui permettrait à tous les citoyens bosniens de se présenter aux élections et de voter. Même si ce processus prendra du temps, les élections de 2022 seront « libres et démocratiques », a-t-il assuré.
Quelques jours après la commémoration des victimes du génocide de Srebrenica, M. Borrell a rappelé que toute tentative de réinventer l’histoire ou de glorifier les criminels de guerre devait cesser et ne devait pas être tolérée en Europe. (Camille-Cerise Gessant)