Sans surprise, les ministres européens des Finances ont approuvé, mardi 13 juillet, les plans de relance de douze États membres qui avaient fait l'objet d'une appréciation positive de la Commission européenne avant fin juin.
Les pays concernés sont : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la France, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal et la Slovaquie (EUROPE 12759/9).
Qualifiant cette étape d'« historique », le ministre slovène des Finances, Andrej Šircelj, a souligné l'importance du Plan de relance européen Next Generation EU, qui contribuera à relancer les économies des vingt-sept États membres en facilitant les transitions écologique et numérique via un endettement commun piloté par la Commission européenne.
Désormais, l'important pour les pays concernés est de « respecter les jalons » et de « remplir les objectifs » inscrits dans les plans nationaux, a-t-il souligné. Il a évoqué une discussion « positive » entre les ministres, qui n'a pas porté sur un plan en particulier, mais sur des considérations générales telles que l'importance des contrôles pour suivre les flux financiers.
Les douze États membres vont signer des conventions de financement afin que la Commission soit habilitée à leur verser les premières tranches d'aide, peut-être avant fin juillet. L'institution de l'UE devait effectuer, mardi, une troisième opération de levée de capitaux sur les marchés pour être en mesure de préfinancer les plans nationaux de relance déjà approuvés.
M. Šircelj a confirmé la tenue, lundi 26 juillet, d'un Conseil 'Écofin' extraordinaire, par visioconférence, afin d'approuver « quatre ou cinq » autres plans nationaux de relance. Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a cité les pays suivants : la Slovénie, la Lituanie, Chypre, la Croatie et potentiellement l'Irlande.
Les autres plans nationaux seront examinés au Conseil après la pause estivale. C'est le cas notamment du plan de relance hongrois, pour lequel la Commission n'exclut plus un retard alors que son évaluation aurait dû être présentée lundi 12 juillet (EUROPE 12760/20 et 12757/16). MM. Šircelj et Dombrovskis ont assuré que le plan hongrois était évalué selon la même procédure que les vingt-six autres plans nationaux, à savoir à l'aune des « onze critères » inscrits dans le règlement instaurant la Facilité pour la relance et la résilience et même si le gouvernement Orbán est critiqué pour sa politique stigmatisant les personnes LGBTI.
Au Conseil, l'adoption d'un plan a lieu à la majorité qualifiée des États membres. Une minorité de blocage de pays est nécessaire pour l'empêcher, la France et l'Allemagne jouant un rôle prépondérant. D'aucuns estiment que Paris préférerait un accord unanime à l'OCDE sur la réforme de la fiscalité internationale, que rejette encore la Hongrie.
Mardi, la Commission a annoncé avoir reçu officiellement le plan de relance de Malte doté de 316,4 millions uniquement sous forme de subventions. Seuls les Pays-Bas et la Bulgarie n'ont pas encore transmis leur plan de relance, faute d'un gouvernement en place. (Mathieu Bion)