Les eurodéputés ont approuvé, mardi 6 juillet dans la soirée après un débat, mais sans vote, le nouveau 'Fonds Asile, migration et intégration' (AMIF) pour la période 2021-2027. Ils ont aussi adopté, mercredi 7 juillet, par 496 voix contre 84 et 111 abstentions, l’instrument sur la gestion des frontières et la politique des visas.
Les députés en ont débattu le 6 juillet avec la commissaire Ylva Johansson. Pour l'élue slovène Tanja Fajon (S&D), chargée de faire rapport au PE sur ces deux fonds, le financement prévu pour ces politiques va permettre à l’UE de « faire de ses objectifs une réalité », la députée ayant rappelé que 16 milliards d’euros au total ont été alloués à la politique de migration et d’asile et de gestion des frontières, soit « trois [milliards en] plus qu’auparavant ».
Cet argent permettra de « relever les défis » en ciblant mieux les pays de première ligne, en allant directement aux communautés locales ou encore en aidant à la réintégration des personnes dans leur pays d’origine.
La Slovène a aussi souligné à quel point l’absence actuelle d’accord sur les nouvelles règles d’asile et de migration mettait en danger la vie « de personnes innocentes ». Rapporteur également sur l’état de l’espace Schengen (les résultats du vote à ce sujet ne seront connus que ce jeudi 8 juillet, NDLR), elle a souligné que la zone de libre circulation était elle aussi « otage » de ces blocages.
La commissaire, pour sa part, a salué des fonds qui permettront d’apporter une aide plus « structurée ».
Le Fonds Asile, Migration et Intégration se montera à 9,882 milliards d’euros. Il devra couvrir la politique commune en matière d’asile, promouvoir une intégration et une inclusion sociale efficaces des ressortissants de pays tiers et lutter contre la migration illégale. Ses actions viseront aussi à garantir une réadmission digne et une réinsertion dans le pays d’origine.
La plupart des fonds (63,5%) devraient être alloués à des programmes en gestion partagée entre l'UE et les États membres. Les dotations varieront en fonction du nombre de ressortissants de pays tiers résidant dans le pays, des demandes d'asile reçues, des décisions de retour prises et des retours effectifs effectués.
Les 36,5% restants seront directement gérés par l'UE et dédiés à l'aide d'urgence, l'admission humanitaire depuis des pays tiers et la réinstallation.
Les fonds pourront être alloués à des autorités locales et régionales qui mettent en place des mesures soutenant l'intégration. Pour l’admission humanitaire, les pays recevront 6 000 euros par personne, 8 000 s’il s’agit de personnes vulnérables.
L’Instrument pour la gestion intégrée des frontières et les visas prévoit, lui, 6,24 milliards d’euros. Il soutiendra les garde-frontières et garde-côtes européens, la création de centres d’accueil et l’interopérabilité des systèmes d'information tels que le système d’entrée/sortie, le système d’information sur les visas ou le système d’information Schengen.
Des mesures permettant d’identifier les personnes vulnérables et les mineurs non accompagnés sont aussi intégrées dans le Fonds, qui pourra également financer des actions soutenant les États membres qui délivrent des visas humanitaires.
Lien vers les textes adoptés : https://bit.ly/2Uu9AkC (Solenn Paulic)