La Commission européenne s’était engagée le mois dernier à identifier cinq solutions thérapeutiques contre la Covid-19 « les plus prometteuses » d’ici la fin juin (EUROPE 12714/11) afin de pouvoir soutenir au mieux leur développement. Mardi 29 juin, elle a dévoilé le nom de ces cinq solutions.
L’une d’entre elles, le baricitinib, est un immunosuppresseur distribué par la société américaine Eli Lilly. Il est déjà commercialisé, mais devra obtenir une autorisation de mise sur le marché supplémentaire afin que son utilisation puisse être étendue aux patients atteints de la Covid-19.
Les quatre solutions restantes sont des anticorps monoclonaux nouvellement développés. Il s'agit : - d'un autre candidat traitement d’Eli Lilly, associant les anticorps bamlanivimab et etesevimab ; - du REGN-COV2, associant le casirivimab et l'imdevimab et mis au point par le laboratoire suisse Roche et l’américain Regeneron ; - du CT-P59, développé par le groupe coréen Celltrion ; - du sotrovimab, développé par le groupe britannique GSK.
Ces quatre solutions sont encore soumises à l’évaluation en continu ('rolling review') de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Cette première étape - qui consiste à examiner les données des essais cliniques au fur et à mesure qu'elles sont rendues disponibles, afin de gagner du temps - prendra fin lorsque l’EMA estimera avoir suffisamment de preuves pour qu'une mise sur le marché puisse être envisagée.
Difficile donc d’avoir une idée précise du temps que cela prendra. La Commission, toutefois, espère toujours qu'au moins trois de ces cinq solutions obtiendront une autorisation de mise sur le marché d'ici octobre 2021.
L'institution européenne souhaiterait, idéalement, élargir ce portefeuille à dix solutions candidates d’ici octobre. Sur cette base, elle pourra ensuite conclure des accords d'achat groupé, à condition que quatre États membres au moins souhaitent se procurer l'un des traitements potentiels.
Pour l'heure, un accord a été conclu, fin mars, avec le laboratoire Roche, pour que les États membres intéressés puissent disposer du REGN-COV2. D’autres pourraient être lancés d’ici la fin de l’année, indique la Commission. (Agathe Cherki)