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Bulletin Quotidien Europe N° 12747
CONSEIL EUROPÉEN / Affaires ÉtrangÈres

Russie, Turquie, Biélorussie et Afrique au menu des discussions des dirigeants européens

Les chefs d'État ou de gouvernement des États membres de l'UE auront, jeudi 24 juin, de nombreux dossiers de politique étrangère à leur table pour le dîner.

ONU. Lors d’un déjeuner, ils rencontreront tout d'abord le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, avec lequel ils devraient discuter du multilatéralisme, de questions mondiales telles que la santé et le climat et de questions liées à des crises ou à des enjeux régionaux.

Lors du dîner, ils se pencheront, entre autres, sur les relations avec deux partenaires stratégiques : la Turquie et la Russie.

Turquie. Comme convenu (EUROPE 12686/3), le Conseil européen devrait revenir sur les relations avec la Turquie. Contrairement à ce qui avait été envisagé en mars, il ne devrait pas prendre de décision plus formelle concernant le renforcement de la coopération.

Les dirigeants devraient uniquement prendre note des avancées du travail technique sur la modernisation de l’Union douanière et sur les dialogues à haut niveau.

Le projet de conclusions du 21 juin, contrairement à celui du 14 juin (EUROPE 12745/4), fait référence à la situation de l’État de droit et des droits fondamentaux en Turquie, qui reste « une préoccupation majeure ». « Le ciblage des partis politiques et des médias représente un recul majeur pour les droits de l'homme et va à l'encontre des obligations de la Turquie en matière de respect de la démocratie, de l'État de droit et des droits des femmes. Le dialogue sur ces questions demeure partie intégrante des relations entre l'UE et la Turquie », devraient prévenir les dirigeants.

Ils devraient aussi préciser qu’ils attendent qu'Ankara contribue de « manière positive » à la résolution des crises régionales.

Le Conseil européen devrait également inviter une nouvelle fois (EUROPE 12686/3) la Commission européenne à « présenter sans délai » une proposition visant à poursuivre le financement des réfugiés syriens et des communautés d'accueil en Turquie, en Jordanie, au Liban et dans d'autres parties de la région.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devrait présenter aux dirigeants ses propositions sur la contribution future de l’UE. Selon des diplomates cités par Reuters, la Commission envisagerait de donner 5,77 milliards d'euros à la Turquie, à la Jordanie, au Liban et à la Syrie, dont 3,5 milliards pour la Turquie, jusqu’en 2024. Selon une source européenne, il y aurait un très large consensus au sein des États membres pour que ce soit l’UE, via le cadre financier pluriannuel, qui finance les actions, et la Commission aurait donné son accord.

Les dirigeants européens préviennent que le Conseil européen restera saisi du sujet turc, sans être plus précis quant à une prochaine discussion.

Russie. Les chefs d’État ou de gouvernement devraient se pencher sur les relations entre l’UE et la Russie et sur la stratégie à adopter envers Moscou, sur la base de la communication conjointe du Haut Représentant de l’UE et de la Commission présentée le 16 juin (EUROPE 12742/1). Selon un projet de conclusions daté du 21 juin, les dirigeants devraient rappeler leur attachement aux cinq principes directeurs régissant la politique de l'UE à l'égard de la Russie.

La France et l’Allemagne auraient mis en avant la question des formats pour discuter avec Moscou. « Si on veut établir un rapport de force dans une optique constructive, il faut bien se parler. Certains États membres le font. La question c’est l’UE. Il s’agit de discuter de la question de formats. Comment est-ce qu’on parle aux Russes ? À quel niveau ? Par quel canal ? », s’est interrogé un diplomate. Une nouvelle version des conclusions proposerait ainsi le réexamen des formats existants de dialogue avec la Russie, y compris au niveau des dirigeants, mais ce passage doit encore faire l'objet d'un accord des Vingt-sept.

Les dirigeants devraient aussi inviter leurs ministres à faire avancer les travaux, ajoutant qu’ils reviendraient sur le sujet lors d’une prochaine réunion.

Biélorussie. Après un accord politique de leurs ministres des Affaires étrangères, le 21 juin, sur des sanctions sectorielles à l'encontre de la Biélorussie, les ambassadeurs des États membres de l’UE ont approuvé les sanctions, mercredi 23 juin, lesquelles porteraient sur les engrais, la pétrochimie et l’industrie du tabac, les services financiers et les biens à double usage (EUROPE 12745/1). Ces mesures doivent faire l’objet d’un accord des Vingt-sept via une procédure écrite qui prend fin ce jeudi à midi, à temps pour que les dirigeants européens s’en félicitent.

Selon le projet de conclusions, le Conseil européen devrait aussi réitérer son appel à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et des personnes détenues arbitrairement, y compris le journaliste Roman Protassevitch et sa compagne, Sofia Sapega. Il devrait aussi demander la fin de la répression à l’encontre de la société civile et des médias indépendants.

Afrique. Les chefs d’État ou de gouvernement devraient aussi relancer leur appel aux autorités maliennes de transition pour qu'elles mettent pleinement en œuvre la 'Charte de la Transition'. Ils devraient se féliciter des conclusions du sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) du 19 juin. La CEDEAO a maintenu la suspension du Mali tout en notant les progrès réalisés par les autorités de transition.

De plus, selon les dirigeants européens, « l'UE et ses États membres continueront à soutenir la stabilisation des pays du G5 Sahel, en particulier la force conjointe du G5 Sahel ainsi que les efforts visant à renforcer la gouvernance et l'État de droit ». Le président français profitera de l’occasion pour informer ses collègues sur le sens de l’adaptation du dispositif militaire français au Sahel.

Les dirigeants pourraient aussi adopter des conclusions sur l’Éthiopie, « où la situation est d'une extrême gravité », a rappelé une source diplomatique (EUROPE 12745/3).

Enfin, au lendemain de la deuxième Conférence de Berlin, le Conseil européen devrait confirmer son engagement pour ce qui est du processus de stabilisation de la Libye sous les auspices des Nations Unies.

Voir le projet de conclusions daté du 21 juin : https://bit.ly/3zOc3Xq  (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

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