Des membres du Parlement européen de toutes tendances politiques ont été nombreux à réclamer en plénière, mercredi 23 juin, que les chefs d'État ou de gouvernement européens avancent concrètement sur la politique d'asile et de migration lors du sommet européen des 24 et 25 juin.
« Je remercie le Président du Conseil européen, Charles Michel, d'avoir mis ce point à l'ordre du jour du sommet », a affirmé le président du groupe Renew Europe, le Roumain Dacian Cioloș. Il a fait savoir que le Parlement européen était prêt à entrer en négociation. « Les ministres de l'Intérieur doivent adopter une position et commencer à négocier. Et ils ne pourront le faire que sous la pression de leur chef d'État ».
Le groupe Renew Europe, tout comme le S&D, les Verts/ALE et La Gauche, souhaitent travailler sur la répartition des personnes migrantes sur le continent. « Il nous faut un mécanisme de réinstallation obligatoire, lancer un plan d'action clair et précis pour les opérations de recherche et de sauvetage maritime et assurer le débarquement dans des ports sûrs. L'UE doit humaniser sa politique migratoire commune », a affirmé Javier Moreno Sánchez (S&D, espagnol).
Dans ce sens, ces différents groupes soutiennent la remise à l'agenda de la déclaration de Malte. Cet accord entre la France, l'Italie, l'Allemagne, Malte et la Finlande de septembre 2019 vise à alléger la charge des pays méditerranéens en relocalisant les migrants entre les différents signataires (EUROPE 12333/1).
Le PPE, quant à lui, est plus réservé sur la question de la relocalisation des migrants. Il s'agit avant tout, selon le groupe, de contrôler plus efficacement les frontières extérieures de l'Union. Pour François-Xavier Bellamy (PPE, français), « il n'y a qu'un seul moyen de mettre fin à tous les morts en Méditerranée : c'est de faire savoir que personne ne pourra s'établir en Europe sans y avoir été légalement autorisé ».
Les membres du PPE ne sont pas éloignés, sur ce point, de la position des conservateurs. Ces derniers rejettent le concept de solidarité entre États membres pour l'accueil de migrants.
État de droit
Lors de ce débat en plénière, les eurodéputés ont également largement manifesté leur soutien envers la communauté LGBTQ en Hongrie. Les groupes du PPE, du S&D, Renew Europe, La Gauche et Verts/ALE ont dénoncé la nouvelle loi hongroise interdisant la promotion de l'homosexualité auprès des mineurs.
Pour Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), cette violation des libertés de la part de la Hongrie aurait pu être l'unique point à l'agenda du Conseil européen.
Pour son groupe, mais aussi pour celui de La Gauche et pour le S&D, la Commission devrait passer à l'action et enclencher le mécanisme de conditionnalité lié à l'État de droit contre la Hongrie.
Ces groupes ont également appelé à ce que le Parlement européen porte les couleurs du drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBTQ ce soir, à l'occasion du match de football de l'euro qui opposera la Hongrie à l'Allemagne.
Les députés ne se sont pas véritablement penchés sur les autres sujets à l'ordre du jour du sommet européen.
Voir le projet de conclusions du Conseil européen : https://bit.ly/3zOc3Xq (Léa Marchal)