Les ministres des Finances allemand, Olaf Scholz, et français, Bruno Le Maire, ont estimé, mercredi 26 mai, qu'un accord sur la réforme de la taxation internationale était possible d'ici au sommet du G20 de juillet. Une telle issue positive passe par un accord préalable au 'G7 Finances', la semaine prochaine à Londres.
M. Le Maire a appelé les partenaires internationaux de l'Union européenne à saisir cette « opportunité historique » permise par le changement d'attitude et les propositions constructives de l'administration américaine (EUROPE 12724/9). Selon lui, les trois conditions posées pour parvenir à un accord sont à portée de main, à savoir : - un accord global sur la taxation du secteur numérique (pilier 1) et la taxation minimale (pilier 2) ; - fixer un taux minimum « crédible », le seuil de 15% suggéré par Washington constituant « une base solide » ; - inclure « toutes les grandes entreprises du secteur numérique » dans le premier pilier.
« Nous sommes tout près d'un accord », a renchéri M. Scholz, faisant état de négociations presque quotidiennes. Il a considéré que les grands groupes numériques devaient payer « leur juste part d'impôt » afin que les États disposent des ressources suffisantes pour affronter la crise née de la pandémie de Covid-19 et investir pour l'avenir.
Interrogé sur d'éventuelles réticences intraeuropéennes qui proviendraient, par exemple, d'Irlande, le ministre allemand s'est aussi dit « confiant » qu'un accord international serait introduit ensuite au niveau de l'UE.
Club pour le climat. M. Scholz a également évoqué sa proposition de mettre sur pied un club de pays incluant « les États-Unis et d'importants partenaires commerciaux » de l'UE pour faire avancer la lutte contre les dérèglements climatiques sans exacerber les tensions commerciales. Ce club élaborerait des normes minimales en matière de tarification du carbone et introduirait un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, a-t-il indiqué.
M. Le Maire a soutenu l'idée allemande qui témoigne d'une approche transparente et constructive de l'UE vis-à-vis de ses partenaires stratégiques. Mais il a prévenu : « Étant donné les grandes disparités en matière de prix du carbone, l'UE n'attendra pas la Chine ni les États-Unis pour atteindre la neutralité climatique ».
Alors qu'ils tiendront un Conseil économique franco-allemand ce jeudi, les deux dirigeants ont appelé à lancer, dès cette année, un projet pilote menant à la création à terme d'un euro numérique. Une telle initiative, selon M. Le Maire, accroîtra la souveraineté de la zone euro sur les marchés des paiements et, selon M. Scholz, bénéficiera tant aux consommateurs qu'aux entreprises. (Mathieu Bion)