Le secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, Stefano Sannino, et la Secrétaire d’État adjointe américaine, Wendy Sherman, ont tenu, mercredi 26 mai à Bruxelles, la première réunion de haut niveau du dialogue Union européenne/États-Unis sur la Chine. Ce dialogue a été créé sous l'administration Trump, sur proposition du Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.
« La discussion a porté sur les domaines dans lesquels nous sommes en concurrence avec la Chine, les domaines dans lesquels nous devons défier la Chine et les domaines dans lesquels nous coopérons avec la Chine. Il s'agit donc d'un programme aux multiples facettes, sur lequel l'Union européenne et nous-mêmes travaillons ensemble », a expliqué Mme Sherman à l'issue du dialogue et lors d’un entretien avec quelques médias, dont EUROPE.
La secrétaire d’État adjointe a rappelé que l’objectif n’était pas de « dominer » la Chine ou de la « tenir à distance », car « ce n’est pas du tout dans notre intérêt », mais de faire respecter l'ordre international basé sur des règles, de s'assurer qu'il y a un terrain de jeu égal.
Interrogée sur le rapprochement de la position européenne de la position américaine sur la Chine, Mme Sherman a estimé que l’UE était de « plus en plus alignée » avec les États-Unis. « Je pense qu'il y a cinq ans, certainement il y a dix ans, nous avions tous une vision différente de la manière dont la Chine pourrait se développer. (...) Mais ce que nous avons vu ces dernières années, et je pense que c'est devenu clair et net pour nous tous, y compris nos partenaires européens, c'est que la Chine a une stratégie très agressive, qu'elle ne joue pas toujours selon les règles de l’ordre international et qu'elle a une vision différente de l'avenir », a-t-elle expliqué.
Plus concrètement, les discussions ont tourné autour de six piliers : résilience, réciprocité, sécurité (notamment en mer de Chine méridionale), droits de l'homme, organisations multilatérales et engagement (par exemple sur le climat ou l’accord sur le nucléaire iranien).
Selon la déclaration commune publiée à l’issue du dialogue, les deux parties ont notamment souligné les sujets de préoccupation communs, dont les violations continues des droits de l'homme au Xinjiang et au Tibet, l'érosion de l'autonomie et des processus démocratiques à Hong Kong, la coercition économique, les campagnes de désinformation. Elles ont aussi discuté de l'importance d'une participation significative de Taïwan aux travaux des organisations internationales, notamment aux forums de l'Organisation mondiale de la santé et à l'Assemblée mondiale de la santé.
Européens et Américains ont décidé de poursuivre les réunions dans le cadre du dialogue sur la Chine au niveau des hauts fonctionnaires et des experts, avant la prochaine réunion de haut niveau à l'hiver 2021/2022, selon le communiqué commun.
Par ailleurs, les deux parties ont confirmé la tenue du sommet UE/États-Unis à Bruxelles le 15 juin, au lendemain du sommet de l’OTAN. (Camille-Cerise Gessant)