L'UE a plus d'une raison de mettre l'accord d'investissement avec la Chine au fond du placard pour l'instant, considèrent les eurodéputés.
Lors d'une réunion de la commission du commerce international du PE (INTA), mardi 25 mai, ils ont rappelé leur volonté de geler la ratification de l'accord tant que les sanctions chinoises envers l'UE ne seraient pas levées (EUROPE 12723/16). Ils ont également insisté sur le besoin de doter la politique commerciale européenne d'outils de défense pour se prémunir face à la puissance chinoise.
Le premier à s'exprimer en ce sens a été Iuliu Winkler (PPE, roumain), rapporteur pour avis sur le rapport d'initiative 'Une nouvelle stratégie pour la Chine', qui a estimé qu'une boîte à outils autonome serait la bienvenue pour poursuivre les relations de commerce et d'investissement avec Pékin.
Si plusieurs instruments sont en élaboration à la Commission européenne, la plupart des groupes politiques pensent qu'il faut passer à la vitesse supérieure. « Il est grand temps de se pencher sur les mesures autonomes », a estimé Kathleen Van Brempt (S&D, belge).
« Cet avis doit être l'occasion de rappeler à la Commission européenne de renforcer l'arsenal juridique face à la Chine pour jouer à armes égales », a insisté Marie-Pierre Vedrenne (Renew Europe, française)
Le 5 mai, la Commission européenne a publié sa proposition pour lutter contre les subventions étrangères qui faussent la concurrence (EUROPE 12713/1). Elle doit soumettre sa proposition pour un outil anti-coercition ainsi que son texte sur le devoir de vigilance des entreprises à l'automne.
Enfin, le Conseil de l'UE est proche de trouver un accord concernant l'instrument relatif aux marchés publics internationaux (EUROPE 12723/6). (Léa Marchal)