La question migratoire sera à l’agenda du sommet européen de juin, a confirmé mardi 25 mai le président du Conseil européen, Charles Michel, après que plusieurs dirigeants avaient exprimé une requête en ce sens la veille au dîner des chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne.
Les premiers ministres italien, Mario Draghi, et espagnol, Pedro Sánchez, ont évoqué avec leurs homologues la situation dans leur pays.
L’Espagnol a notamment fait un « rapport d’information » lundi soir devant ses collègues sur Ceuta, avait dit lundi le président du Conseil européen et « la parfaite solidarité de l’UE avec le gouvernement espagnol » a été rappelée. Les Vingt-sept n’ont toutefois pas ouvert de discussion spécifique sur la migration à cette occasion, mais ils le feront en juin, avait indiqué Charles Michel.
« J'ai soulevé cette question absente depuis longtemps de l'ordre du jour du Conseil européen », a confirmé, mardi 25 mai, Mario Draghi. « Mettre en sommeil un problème ne le fait pas disparaître ». De la part de l'Allemagne et de la France et d'autres pays, il y a une certaine prise de conscience qu'une réponse solidaire est nécessaire, a estimé le Premier ministre italien. Interrogé sur la nécessité de revenir à des mécanismes contraignants, il a indiqué que la « volonté pure (pour régler les questions migratoires, NdlR) a démontré qu'elle était plutôt inefficace. L'accord que nous visons ne devrait pas forcément contenir des obligations. Ou nous pourrions identifier des pays qui s'aident mutuellement ».
« Les désaccords sur le paquet migratoire sont encore profonds », a commenté pour sa part le président français, Emmanuel Macron, ajoutant qu'il avait été acté lundi de discuter en juin du volet externe de la migration et d'une « politique très coordonnée sur le dossier libyen ».
À son arrivée à Bruxelles lundi, Pedro Sánchez, lui, était revenu sur les afflux exceptionnels de migrants dans l’enclave de Ceuta et sur la « crise sans précédent » entre l'Espagne et le Maroc. « La relation de voisinage entre l'Espagne et le Maroc devrait être basée sur la confiance et le respect. Le respect des frontières de l'UE, des frontières espagnoles. Nous rappelons au Maroc qu'il n'a pas de meilleur allié dans l'UE que l'Espagne pour défendre les intérêts stratégiques du Maroc. La relation Espagne - Maroc est stratégique », avait-il déclaré.
À son tour, mardi 25 mai, face à la presse, il a expliqué qu'il s'agissait de respecter « l'intégrité territoriale de notre pays » et que le Maroc doit « surveiller ses frontières ».
« Nous estimons que le Conseil européen, mais également toutes les institutions de l’UE, ne peuvent pas regarder ailleurs, s’agissant de nos frontières », a réagi de son côté le président du Parlement européen, David Sassoli, le 25 mai.
« Il faut trouver des solutions pragmatiques, concrètes. Tous les jours, on nous parle de tragédies, de morts, d'embarcations qui font naufrage dans la Méditerranée. Il est nécessaire de faire preuve de réalisme et de faire face rapidement à ce problème ». « Nous espérons que le prochain Conseil européen se saisira de cette question de manière approfondie ». (Solenn Paulic avec la rédaction)