login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12670
INSTITUTIONNEL / Ppe

à la demande de Viktor Orbán, les eurodéputés du parti hongrois Fidesz quittent le groupe PPE du PE

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, est passé des paroles aux actes, mercredi 3 mars, en annonçant que les douze eurodéputés du parti Fidesz au pouvoir en Hongrie quitteront le groupe PPE au Parlement européen.

Le dirigeant l’a écrit au chef de file du groupe chrétien-démocrate, l'Allemand Manfred Weber, après l’adoption, le matin même, par les membres du groupe PPE, de nouvelles règles de procédures internes.

C'est un pas « hostile » contre les électeurs du Fidesz, a jugé le Premier ministre hongrois.

Adoptées par 148 voix (soit 84,1% des votants) contre 28 (15,9%) et 4 abstentions, ces nouvelles règles internes facilitent la suspension d’une délégation d'eurodéputés et mettent le groupe PPE en conformité avec une telle décision déjà prise par le Parti populaire européen, ce qui est le cas du Fidesz.

Évoquant un « jour triste », Manfred Weber a regretté la perte de collègues. J'ai œuvré à « bâtir des ponts » dans le groupe, mais « cela n’a pas été assez fort », a-t-il constaté.

Le leader du groupe PPE a toutefois salué « l’unité du groupe » qui a approuvé à une forte majorité ces nouvelles règles. Celles-ci allaient très vraisemblablement aboutir, lors d’une future réunion, à une demande de suspension des élus issus du Fidesz. L'Espagnol Esteban González Pons a, lui aussi, parlé de « jour triste », tout en saluant le fait que ce départ clarifie la position du groupe.

Critiquant le chantage exercé sur le groupe pour ne pas adopter ces règles, il a estimé que le Premier ministre hongrois « nous (avait) forcés à répondre à trois questions : sommes nous maîtres de nos décisions ? Peut-il nous diviser ? Sommes nous un parti de centre droit européen ou pas ? ». « Je crois que Viktor Orbán a permis de répondre très clairement à ces questions », a estimé M. González Pons, satisfait que le choix fait ait été celui de « l’union contre la division, de la modération contre la radicalisation et du compromis plutôt que de l’intolérance ».

L’Espagnol a aussi souligné que ces règles et une possible suspension n’auraient pas remis en question le statut des élus du Fidesz. Ceux-ci, hors du groupe PPE, devraient également conserver leurs titres de vice-présidents du PE.

Après ce départ, la question se pose désormais pour le parti PPE. Viktor Orbán va-t-il aussi quitter sa famille politique ?

Dans un communiqué, le parti a pris note de ce départ et rappelle qu’une procédure d’exclusion du Fidesz est toujours sur la table. Une décision ne pourra être prise que quand les conditions sanitaires permettront cette réunion, a ajouté le PPE, qui a déjà suspendu le Fidesz.

Pour Manfred Weber, il est clair que le parti hongrois n’adhère plus aux valeurs fondatrices des chrétiens-démocrates, celles de « Robert Schuman , de De Gaspery, Kohl ou Adenauer ». Ils se sont « éloignés du PPE, pas nous », a dit l’Allemand.

La querelle sur le lien entre respect de l’État de droit et versement des fonds européens n’a fait qu’accentuer un malaise né avec la question migratoire ou les campagnes contre le précédent président de la Commission, Jean-Claude Juncker (EUROPE 12625/22).

Au Parlement européen, certains élus ont fait part de leur soulagement de voir le groupe PPE rompre avec le Fidesz. D'autres, comme ceux du groupe souverainiste CRE, ont témoigné leur soutien, ouvrant la porte à un éventuel rapprochement. Car les douze eurodéputés du Fidesz n’ont pas dit s’ils rejoindront un autre groupe.

Pour Gwendoline Delbos-Corfield (Verts/ALE, française), le « départ des députés Fidesz du PPE était nécessaire et avait trop tardé. Pendant trop longtemps, leur appartenance au PPE a permis de rendre légitime le projet politique autoritaire de Viktor Orbán et de protéger le gouvernement hongrois. Nous espérons que, désormais, le PPE se tiendra à nos côtés pour défendre l'État de droit et la démocratie européenne ». « La passivité et la faiblesse des États membres de l'UE face aux actions et violations de l'État de droit du gouvernement hongrois sont tout aussi préoccupantes », a également estimé la députée responsable au PE de la procédure dite 'article 7' ouverte contre la Hongrie. (Solenn Paulic)

Sommaire

RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
INSTITUTIONNEL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
BRÈVES