Le Service européen pour l’action extérieure estime, dans le rapport du Haut Représentant sur la révision de la capacité militaire de planification et de conduite (MPCC), que celle-ci a pris du retard dans son déploiement.
« La MPCC n'est pas encore prête à atteindre la pleine capacité opérationnelle dans le cadre de la phase 1 », estime le Service diplomatique dans ce document obtenu par EUROPE et transmis au Comité politique et de sécurité le 1er mars.
Selon le SEAE, la MPCC a « besoin de plus de temps pour être prête à assumer la tâche exécutive du centre d’opérations de l’état-major de l’UE et à prendre la responsabilité de la planification et de la conduite opérationnelles de toute mission militaire PSDC non exécutive et d'une opération militaire PSDC exécutive limitée à la taille du groupement tactique de l'UE, d'ici la fin de 2020, ce qui était l'objectif initial ».
Le service diplomatique estime que la MPCC doit continuer à s'appuyer sur les progrès réalisés jusqu'à présent et à développer davantage la capacité de commandement et de contrôle de l'UE au niveau de Bruxelles. « L'objectif est de parvenir à une capacité de planification et de conduite des opérations homogène, cohérente, uniforme et efficace dans le cadre de l'approche intégrée de l'UE », explique-t-il, ajoutant que cela permettrait d'accroître la capacité de planifier et de déployer des opérations militaires de PSDC, dans le cadre de son mandat.
Pour les prochains mois, le SEAE encourage les États membres à fournir le personnel nécessaire au noyau permanent de la MPPC, estimant que ce manque de personnel, notamment, a entravé sa croissance. « Ce personnel sera nécessaire pour faire face à l'augmentation de la charge de travail résultant de la planification, du déploiement et du redéploiement d'une nouvelle opération ou mission », explique le service.
« Autre lacune majeure » à remédier : les communications. Le SEAE plaide pour le développement d’un système de communication et d'information (CIS) « sécurisé, robuste et résilient », comprenant les éléments nécessaires pour assurer la connectivité avec un QG déployé et la compatibilité avec les autres systèmes CIS sécurisés du SEAE. Actuellement, la MPCC ne dispose que d'une connectivité de niveau restreint de l'UE pour ses missions de formation. Les exigences futures pour une opération exécutive sont la connectivité jusqu'au niveau secret de l'UE avec un QG déployé, prévient le SEAE, qui ajoute que les limitations des systèmes classifiés et l'obsolescence du système actuel entravent les capacités de la MPCC. Un tel système pourrait être mis en place mi-2021.
Enfin, le service diplomatique propose d’aller de l’avant dans la future réaffectation de certaines des fonctions auxquelles l’état-major de l’UE apporte actuellement son soutien. « Cela nécessite la révision des mandats de l'état-major et de la MPCC », précise-t-il cependant. (Camille-Cerise Gessant)