Le Président du Conseil européen, Charles Michel, s’est rendu en Ukraine, mardi 2 et mercredi 3 mars, pour souligner le soutien de l’UE envers le pays.
M. Michel a notamment mis en avant les conseils et le soutien financier et technique de l’UE à Kiev pour mettre en œuvre les réformes. « Des progrès substantiels ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire, en particulier en ce qui concerne l'État de droit, la réforme du système judiciaire et la lutte contre la corruption », a-t-il rappelé.
« Une réforme globale du système judiciaire s'impose d'urgence pour réamorcer les principales instances de gouvernance judiciaire et mettre en place une nouvelle procédure de sélection transparente et fondée sur le mérite pour les juges du Conseil supérieur de la justice. Ces réformes sont complexes et difficiles. Elles nécessitent du courage et un leadership fort », a-t-il prévenu.
Le Président du Conseil européen a également rappelé l’assistance de l’UE dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. « L'UE a déjà fourni 190 millions d'euros à l'Ukraine pour lutter contre la Covid, ainsi qu'une assistance macrofinancière de 1,2 milliard d'euros. Et nous aidons l'Ukraine à avoir accès aux vaccins Covid », a-t-il expliqué. Si la présidente de la Commission européenne avait appelé, le 8 février, à ce que des vaccins soient livrés à l'Ukraine, aucun État membre n’a répondu présent. « La facilité Covax, massivement soutenue par l'UE, a alloué une quantité importante de vaccins à l'Ukraine. Je m'engagerai personnellement à accélérer la livraison », a promis M. Michel. L’Ukraine a pour l’instant sécurisé 12 millions de doses AstraZeneca venant d’Inde.
Dans l’est de l’Ukraine, et après s’être recueilli au mémorial de Maiden, à Kiev, le président du Conseil européen a rappelé « l'attachement sans faille de l'UE à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine ». « Nous sommes sur le continent européen, en 2021, et une guerre y sévit. Il s'agit là d'une réalité honteuse », a-t-il dénoncé, rappelant le soutien européen aux efforts déployés dans le cadre du format Normandie et du groupe de contact tripartite.
Selon lui, l’UE est prête à appuyer les efforts en vue d’un cessez-le-feu complet, davantage de points de passage et de nouvelles opérations de déminage. Il a annoncé que l'UE allait notamment financer des points de passage.
Le président a également rappelé que les sanctions économiques de l’UE à l’encontre de la Russie resteraient en vigueur, car celle-ci n’a pas pris les mesures pour mettre en œuvre les accords de Minsk. « La Russie est partie à ce conflit, elle n'est pas un médiateur. Nous attendons qu'elle fasse en sorte que la mission spéciale d'observation de l'OSCE ait pleinement accès aux zones de l'Ukraine qui ne sont pas contrôlées par le gouvernement. La pandémie de Covid-19 ne doit pas servir de prétexte pour séparer davantage ces régions de l'Ukraine. Nous demandons également à la Russie de réintégrer le Centre conjoint de contrôle et de coordination », a-t-il plaidé.
Enfin, M. Michel a annoncé que l’UE voulait soutenir l’initiative du président ukrainien Volodymyr Zelensky de plateforme pour la Crimée, prévue le 23 août et visant à mobiliser une réponse internationale plus efficace à l’annexion de la Crimée par la Russie.
Volodymyr Zelensky a annoncé la tenue du 30e sommet UE/Ukraine pour la fin août 2021. (Camille-Cerise Gessant)