login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12626
Sommaire Publication complète Par article 20 / 37
ACTION EXTÉRIEURE / Élargissement

Les États membres de l'UE toujours en désaccord sur la référence aux différends historiques

Alors que les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper) avaient donné, mercredi 16 décembre, après des semaines de discussions, leur accord politique sur un projet de conclusions sur l’élargissement, le Conseil de l’UE a une nouvelle fois bloqué l’adoption du texte, jeudi 17.

Initialement, les conclusions auraient dû être adoptées par les ministres de l’Environnement, sans discussion. Mais deux délégations – la République tchèque et la Slovaquie – s’y sont opposées.

Dans un communiqué commun publié dans la soirée du 17 décembre, les deux pays ont expliqué que « le texte actuel contient des éléments, notamment la notion de falsification de l'histoire, qui, à notre avis, serait extrêmement préjudiciable au processus d'élargissement et pourrait entraîner d'autres complications à l'avenir ».

Selon le projet de conclusions en date du 16 décembre obtenu par EUROPE et débattu par les ambassadeurs, les accords entre la Macédoine du Nord et la Grèce d’une part et la Bulgarie d’autre part « devraient mettre un terme effectif à toute revendication fondée sur une interprétation erronée de l'histoire ».

Cette phrase a été incluse « sur l’insistance de la Bulgarie », a précisé un porte-parole bulgare. Il a regretté le veto sur les conclusions, qui « risque de saper la crédibilité de l'UE et empêche l'Union d'envoyer aux Balkans occidentaux les signaux dont ils ont tant besoin, notamment en ce qui concerne les réformes nécessaires que les pays candidats devraient entreprendre ».

« Nous ne permettrons pas que l'Union soit le juge de notre histoire commune, de la façon dont nous nous identifions ou de la langue que nous utilisons. Ces questions appartiennent aux parties concernées », ont justifié les délégations tchèque et slovaque dans leur communiqué. Selon Prague et Bratislava, compte tenu de l'importance du texte et du débat qui a eu lieu au niveau des ambassadeurs, l'adoption finale du texte aurait dû avoir lieu au Conseil ‘Affaires générales’. Ce Conseil est chargé des questions d’élargissement de l’UE.

Les conclusions devaient être l’objet d’un point d’information à la réunion du Coreper ce 18 décembre. Selon nos informations, il n’était pas envisagé que la Présidence allemande du Conseil de l’UE publie le texte en son nom propre, comme cela se fait parfois en cas d’absence d’unanimité.

Dans le projet de conclusions du 16 décembre, de 27 pages et qui ne porte que sur les pays des Balkans occidentaux et pas sur la Turquie, le Conseil réaffirme son engagement en faveur de l'élargissement et son soutien sans équivoque à la perspective européenne des Balkans occidentaux.

« Le Conseil continue d'attendre des partenaires qu'ils s'approprient les valeurs européennes et s'y engagent pleinement et qu'ils fassent preuve de leur volonté politique en poursuivant avec détermination les réformes nécessaires dans l'intérêt de leurs populations », souligne le texte.

Selon le Conseil, il est urgent de se concentrer sur les réformes fondamentales pour remédier à un certain nombre de « lacunes structurelles persistantes » dans les domaines de l'État de droit, des droits fondamentaux, du renforcement des institutions démocratiques et de la réforme de l'administration publique ainsi que sur les critères économiques. « Des antécédents solides et durables en matière de mise en œuvre des réformes et des résultats concrets et tangibles dans ces domaines cruciaux restent essentiels, en particulier pour déterminer le rythme global des négociations d'adhésion », rappelle le Conseil. 

Le projet de conclusions souligne aussi que les relations de bon voisinage et la coopération régionale restent des éléments essentiels du processus d'élargissement.

Bien que le Conseil n’ait pas été capable d’adopter les cadres de négociations d’adhésion pour la Macédoine du Nord et l’Albanie (EUROPE 12618/2), notamment en raison d’un veto bulgare, le Conseil précise attendre avec intérêt la tenue de la première conférence intergouvernementale avec Skopje et - « pour autant que les conditions fixées dans les conclusions du Conseil de mars 2020 soient remplies » - avec Tirana, « dès que possible » après l'approbation de ces cadres. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES